.

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

samedi 7 octobre 2006

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage

Il paraît que « toutes les bonnes choses ont une fin ». La tentation est grande de faire mentir cet adage et de prendre un billet pour l’Asie ou ailleurs mais finalement nous avons décidé de rester.

Pour la première fois depuis un an j’emploie le passé pour parler de notre tour du monde…ça fait bizarre !!

Cette expérience a été fantastique. Un philosophe* a dit que le voyage était la vérification d'un rêve. Nous pouvons aujourd'hui affirmer que la réalité a été à la hauteur du rêve et que nous nous souviendrons encore très longtemps des personnes rencontrées, des paysages contemplés et de toutes les découvertes que nous avons faites pendant cette année. Pour cela ce site sera une bonne béquille pour notre mémoire et les photos viendront également raviver ces souvenirs. N’hésitez pas à vous balader vous aussi avec nous aux quatre coins du monde et de ce site Internet (cliquez sur le nom des pays dans "Catégories" pour lire le texte et dans "Liens" pour voir les photos).
Mais déjà je me rends compte que le futur vient se subsituer au passé…serions nous d’incorrigibles globe-trotters ? Seul l’avenir vous le dira ;-)

Grosses bises à toutes les personnes qui lisent ces lignes, bienvenue chez nous et bon voyage !

Jézabel et Sébastien

(*Thierry Tahon, Petite philosophie du voyage)

Carnet de Voyage Ile de la Réunion

Dimanche 13/08/06

Nous déjeunons chez Valérie et Yannick, qui ont invité également Sabine et Dom, des amis qui vivent sur un bateau. Nous parlons de notre tour du monde et de celui que Dom et Sabine programment de faire à la voile avec leurs deux petites filles. A la fin du repas Yannick sort les cartes IGN et nous concocte un beau parcours parmi les cirques. Nous avons affaire à des habitués de rando et de canyoning : nous sommes entre de bonnes mains. Comme nous sommes arrivés en « savattes deux doigts » (tongue en créole ) et que nous n’avons pas de vêtements chauds, Valérie et Yannick nous équipent de pied en cap pour affronter les rigueurs de l’hiver réunionnais. Côté mer ça va mais dès que vous montez un peu « dans les hauts »…ce n’est pas la même histoire !
En fin d’après-midi nous partons sur St Gilles admirer le coucher de soleil. Dans cette station balnéaire très agréable vous entrez dans le royaume de la glisse où Rip Curl est roi. Nous goûtons les « bouchons », spécialité réunionnaise qui ressemble à des vapeurs chinoises, le tout accompagné de « Ti Punch » : nous nous la jouons très « local » ce soir. Pour le dîner, Valérie nous a mitonné un délicieux rougail saucisse : c’est bon la réunion :-)

Lundi 14/08/06

Yannick nous conduit au supermarché où nous faisons nos courses pour la rando. Il nous donne les derniers conseils et nous conduit au départ du 4X4 qui nous rapprochera du cirque de Mafate et nous évitera une marche fastidieuse sur la rivière des galets. Nous attendons sur le parking quand des jeunes viennent discuter avec nous en créole. Nous étrennons les seuls mots de créole que nous connaissons « Comon il est ? » « le la ». Nous avons également le « totoche ta maman » dans les sacoches mais on va éviter de vexer les garçons avec le « nique ta mère » local ;-)
Puis le balayeur arrive et commence à nous dire que c’est dangereux de monter dans la montagne, qu’il y a des agressions etc. C’est super pour débuter en confiance ça ! Le 4X4 arrive enfin. Nous montons la rivière des galets ballotés dans tous les sens dans cette rivière presque à sec qui se transforme en torrent ravageur pendant la saison des cyclones et le chauffeur nous laisse à « Deux Bras », au début du sentier de randonnée. Nous marchons un moment au bord de la rivière encaissée dans la montagne. Le chemin ne tarde pas à grimper sévèrement. Une heure de grimpette plus tard il est presque 14 heures. Nous avons bien marché, nous sommes assez fiers de nous, nous avons bien mérité un casse croûte. Nous nous félicitons de notre rythme lorsque un créole monte vers nous à vive allure…en claquettes !! Un peu étonnés nous avalons notre sandwich et là deux hommes taillés comme des marathoniens, un mini sac sur le dos, nous dépassent en courant et finissent de nous dégoûter ;-) Nous remballons le tout et reprenons le chemin qui monte à flanc de montagne en haut de laquelle nous sommes récompensés par une vue superbe sur les crêtes qui bordent le cirque de Mafate. Quelques minutes plus tard le petit village isolé d’Aurère se présente à nous. Nous avons encore un peu de temps avant la nuit, nous décidons donc de rejoindre le village suivant « La Plaque ». Nous descendons vers le joli hameau fleuri d’ « île à Malheur » et remontons vers notre point d’arrivée (les surfaces planes n’existent pas ici). Nous frappons à la porte du camping « l’arbre du voyageur » où nous nous faisons mettre à la porte par le propriétaire énervé que nous n’ayions pas effectué de réservation. Il reste plein d’emplacements inoccupés mais il n’y a rien à faire : le propriétaire nous explique qu’il ne fait que de la demi pension et que sans repas réservé nous pouvons oublier le camping chez lui ! Dans sa grande bonté il nous recommande de rebrousser chemin et de retourners tenter notre chance à Aurère pour nous loger… Sur cette sympathique entrevue, nous reprenons notre route. Mais pas question de rebrousser chemin. Il est déjà plus de 17H. La nuit sera là avant « Bourses », notre prochaine étape. Nous espérons trouver avant le crépuscule un endroit pour bivouaquer. Nous descendons dans une ravine. Il n’y a pas de terrain de bivouac à l’horizon et nous ne pouvons tout de même pas planter la tente à flanc de falaise ! Le soleil s’est déjà couché, il est temps de monter en vitesse sur l’autre versant avant de devoir sortir la lampe frontale. Je n’ai jamais grimpé aussi vite car je ne veux surtout pas tatonner près d’un ravin en pleine nuit. Arrivés en haut, nos vœux sont exaucés : nous découvrons un sympathique endroit de bivouac niché sous des grands pins. Nous posons le camp pour la nuit et montons la tente dans la pénombre. Nous nous rendons alors compte que nous avons oublié de prendre de l’eau dans la rivière de la ravine. Il nous reste tout de même de quoi chauffer une soupe et cuire les pâtes dedans. Nous faisons donc du « deux en un ». Pas très raffiné mais nourrissant ;-)

Mardi 15/08/06

La nuit s’est bien passée si l’on fait abstraction des musareignes qui se sont attaquées à la poubelle que nous avons dû hisser dans un arbre au milieu de la nuit. Nous sommes debout avant l’aube, replions la tente et prenons la direction du village de « Bourses » où nous espérons trouver du pain pour le petit déjeuner. L’épicerie est toujours fermée à cette heure matinale mais nous sommes récompensés par le panorama somptueux qu’offre une crête en forme de dent surplombant un ravin.
Nous détournons un tuyau d’arrosage pour remplir notre bouteille d’eau et nous faisons chauffer un thé et un café que nous accompagnons d’une barre de céréale. Nous trouverons peut être du pain à « Grand Place », notre prochaine étape. En effet, la boulangerie est ouverte mais le boulanger n’allume pas son four tous les jours et nous vend du pain congelé ! Qu’à cela ne tienne, nous ficelons les baguettes en haut du sac à dos, juste au dessus des tapis de sol, et les laissons tranquillement se dégeler au soleil tandis que nous prenons un peu d’avance sur notre programme de la journée au sein du cirque de Mafate. Arrivés au lieu dit « Cayenne », petit hameau verdoyant et fleuri, bonne nouvelle : le petit déjeuner est prêt ;-) Mauvaise nouvelle : le sentier jusqu’à « Roche Plate » est fermé, nous devons faire un grand tour en passant par « Les orangers ». Après la pause nous descendons dans la ravine sur laquelle une passerelle a été suspendue et nous remontons de l’autre côté. Le soleil tape fort et les arbres sont trop rares pour nous faire de l’ombre. Je profite de fuites d’eau dans les canalisations pour me rafraîchir. A mi-chemin une rivière encaissée dans la roche nous tend les bras. Nous nous immergeons avec grand plaisir pour refroidir le moteur et profitons de ce petit coin de fraîcheur pour déjeuner.
Nous n’atteignons pas « Roche Plate » avant 18 heures. La marche a été très longue et nous sommes juste à temps pour planter la tente avant que la nuit ne tombe tout à fait.

Mercredi 16/08/06

Il a fait froid cette nuit. Aux aurores, nous replions la tente, faisons chauffer de l’eau pour un thé et un café que nous accompagnons de barres de céréale, et c’est reparti ! Nous grimpons entre les rochers, entourés du gigantesque cercle de falaises qui forme les parois du cirque. Le sentier est peu emprunté, nous ne croisons que trois autres randonneurs dans la matinée, ce qui nous laisse le loisir d’écouter le chant des oiseaux, le murmure des cours d’eau et notre respiration. Les mollets sont durs depuis le temps qu’on marche. Les chemins descendent aussi sec qu’ils ne montent : pas de répit pour le petit randonneur !
Nous descendons le lit d’un cours d’eau et arrivons sur une esplanade rocheuse sur laquelle se répand une rivière (la ravine des chevaquines). C’est une aire de pique nique très prisée et accessible aisément par d’autres sentiers car nous y retrouvons des familles, des randonneurs qui font dorer leurs cuisses au soleil et des enfants qui barbotent.
L’endroit nous semble propice pour une halte, nous montons le camping gaz et faisons cuire nos pâtes avec l’eau du ruisseau.
Après le déjeuner, une grosse montée parmi les éboulis de roches nous attend. Quelques fleurs de montagne survivent entre deux cailloux mais à part cela le sol est aride. Encore un petit effort et nous arrivons à Marla où nous plantons la tente.

Jeudi 17/08/06

Hier nous étions tellement fatigués que nous nous sommes endormis dès la tombée de la nuit (18H). Vers 3 heures du matin nous nous retournions sans cesse dans nos sacs de couchage car nous avions terminé notre nuit et qu’il faisait un froid de canard ! -2°C dehors et du givre sur la tente…pas très agréable.
A 7h30 nous sommes sur le pied de guerre, ou plutôt sur le « sentier du col du Taibit ». Cette étape au nom un peu étrange nous a été tellement décrite comme difficile que nous appréhendons un peu.
Il fait beau, les oiseaux pépient et des marches ont été construites au début du sentier. Ça monte raide mais ces aménagements facilitent grandement l’ascension. Nous avançons à notre rythme en profitant du paysage qui s’agrandit à mesure que nous montons, nous marquons quelques pauses et 2 heures plus tard nous sommes en haut. Ce n’était pas si difficile que nous le craignions finalement.
Au sommet nous découvrons le cirque de Cilaos, la ville de Cilaos au fond et par endroits, bien au-delà des remparts du cirque : la mer ! Le cirque de Cilaos ne ressemble en rien à Mafate car, outre le fait qu’il soit bien plus humide, ce cirque n’est absolument pas enclavé comme Mafate car il est connecté au reste de l’île par une route.
Nous profitons pleinement de la vue et du soleil qui vient nous réchauffer et nous discutons avec deux garçons qui viennent eux aussi de monter le sentier du col du Taibit. Puis nous entamons la descente au milieu de la forêt qui sent bon la résine de pins. Nous préparons le déjeuner dans une mini clairière pendant que nous étalons la tente et les sacs de couchage au soleil pour les faire sécher.
Une fois de plus nous nous contentons du menu gastronomique « pâtes au pâté » et nous réjouissons d’avance du ravitaillement que nous allons pouvoir faire à Cilaos.
La fin du sentier marque le retour à la civilisation. Une belle route goudronnée mène tout droit à Cilaos. Nous montons dans un bus car l’accès, déjà étroit pour laisser passer deux voitures, est dangereux pour les piétons. Nous sommes à l’intérieur du cirque, nous tournons la tête en tous sens pour admirer notre nouvel environnement vert ; grandiose et circulaire.
A Cilaos nous rendons visite à la maison de la montagne où une dame charmante prend notre réservation pour une nuit dans le gîte du Piton des neiges où nous montons demain. Elle nous avoue qu’elle est heureuse de voir des touristes métropolitains car cette année, suite au problème de Chikoungouya, le tourisme est en berne à la Réunion…Pourtant nous sommes en hiver maintenant et les moustiques ne sortent pas !
Elle nous indique un endroit sympathique où le bivouac est autorisé. Nous y retrouvons une famille de réunionais et y plantons la tente.

Vendredi 18/08/06

Notre objectif pour aujourd’hui est d’atteindre le gite de la « Caverne du Four » situé à 2 480 mètres d’altitude. Notre point de départ culmine à 1 300 mètres : autant dire que ça va monter ! Presque toute l’ascension s’effectue à l’ombre de la végétation. Lorsqu’elle se clairsème légèrement nous apercevons le village de Cilaos qui devient de plus en plus petit au fond du cirque. L’environnement est beaucoup plus humide et boisé qu’à Mafate. Le gros atout de Mafate c’est son isolement. Aucune voiture ne peut y entrer et les quelques îlets de 6 ou 7 maisons disséminés ici ou là sont ravitaillés par hélicoptère. Comme les lieux sont plus difficile d’accès on y voit moins de monde, forcément. Bon, ce n’est pas la foule ici non plus pour l’instant…
A midi, heureux d’avoir atteint le sommet, nous déballons le saucisson et la baguette pour un pique-nique bien mérité ! Les nuages ont recouvert Cilaos mais comme nous sommes au dessus de la masse nuageuse le ciel est bleu. Pour la vue panoramique sur les cirques de Cilaos et de salazie à côté il faudra repasser…mais pour la petite sieste digestive sur l’herbe : c’est maintenant !

Après la sieste, comme nous n’avons rien à faire, nous décidons de monter voir le coucher du soleil au piton des neiges. Il faut se frayer un chemin parmi les pierres volcaniques. Heureusement que le sentier a été signalé par des points de peinture blanche sur les roches sinon l’orientation serait impossible. La montée jusqu’au sommet (3 071 m) n’est pas facile. Ça nous prend 1h30 mais ça vaut le coup. Nous sommes seuls tous les deux pour assister à la descente du soleil car tout le monde vient pour le lever du jour : pourquoi ??? Le ciel est parsemé de nuages mais on aperçoit le sommet du piton de la fournaise à l’autre bout de l’île, la ville de Cilaos en contrebas et un bout de mer au loin. Les cirques de Mafate et de Salazie sont sous un couvercle de nuages cotonneux d’un blanc éclatant qui vire au rose à mesure que le soleil descend. C’est somptueux. Puis l’astre rouge descend sous les nuages et il commence à faire froid. Il est temps de rentrer. Nous descendons dans la pénombre puis terminons à la lueur de nos lampes frontales pour rejoindre le gîte où presque tout le monde est déjà parti se coucher bien qu’il ne soit que 20 heures…

Samedi 19/08/06

3h45 du matin, le réveil sonne, il est temps de nous préparer à monter vers le Piton des neiges si nous voulons être à l’heure pour le lever du soleil. Une heure plus tard nous tentons de repérer les tâches de peinture blanche sur les pierres qui marquent le chemin comme les cailloux blancs du petit poucet. Les roches volcaniques sont irrégulières et instables. Il faut faire attention à l’endroit où nous posons les pieds pour ne pas nous faire une entorse.
Nous traversons un nuage glacé, le laissons derrière nous et contemplons la lune et les étoiles. Nous grimpons encore. A 6 heures les bords des nuages rougissent. On voit encore la lune et les étoiles, c’est le plus beau moment. Nous atteignons enfin le sommet où le vent glacé tente de s’infilter dans les multiples couches de vêtement superposés qui nous recouvrent. Puis le premier rayon de soleil transperce les nuages, le soleil monte peu à peu et vient nous réchauffer enfin…mais le vent reste glacial, nous ne tardons pas à redesendre au gîte où nous prenons un petit déjeuner avant de partir en direction du petit village de Hell Bourg dans le Cirque de Salazie.
Le sentier qui y mène est rocailleux, difficile et long. Salazie est le cirque le plus humide de la Réunion. La végétation est dense de part et d’autre du sentier mais le chemin est raviné et glissant. La longue route est pénible et les sacs à dos nous ôtent l’agilité nécessaire pour nous frayer un chemin aisément parmi les roches, sans compter qu’ils pèsent sur les genoux qui commencent à souffrir. Nous passons des 3 071 m du Piton des neiges aux 1 000 m de Hell Bourg en moins de cinq heures. A mesure que nous descendons, la pente se fait moins raide, il y a plus de terre et de racines sur le sentier mais il devient très glissant. Cette randonnée devient infernale, j’ai mal partout et j’en ai assez de marcher avec mes pieds et mes genoux douloureux. Nous marchons presque sans discontinuer depuis 4H30 ce matin, il est 16H, j’en ai raz le bol et je décide alors que demain c’est « repos complet » pour moi et nous convenons avec Seb que ce soir on dort dans un vrai lit ! Arrivés à Hell Bourg, Seb, qui visiblement est moins cassé que moi malgré le sac bien plus lourd qu’il transporte, se met en quête d’un hôtel pendant que je garde les sacs ;-)
Seb trouve un super hôtel, le « Relais des cimes » dans lequel un vrai lit nous attend ainsi que de l’eau chaude et une baignoire !! Le bonheur c’est tout simple finalement :-)

Lundi 21/08/06

Les courbatures se sont envolées et les cloques se sont atténuées. Nous décidons de nous « attaquer » à l’ascension du Piton d’Anchaing qui culmine à 1 356 m. Hell Bourg étant déjà à 1 000 m, nous pensons que ce sera une petite promenade de santé. Mais c’est sans compter sur le fait que la surface plane n’existe pour ainsi dire pas dans un cirque. Ça monte ou ça descend, il n’y a pas le choix. Et c’est également sans compter sur le fait que nous ratons un embranchement au retour et que nous nous égarons !
A un moment nous nous faisons la réflexion que nous ne reconnaissons pas l’endroit…mais depuis quand ? Bonne question. Allez, tous les chemins mènent à Rome, nous continuons à descendre car ça nous ennuie de remonter. Mais en bout de course nous débouchons sur une carrière ! Seb s’enquiert auprès de l’ouvrier de la route à prendre pour rejoindre Hell Bourg et l’ouvrier lui montre une route goudronnée qui, selon lui, nous mènera au village en 2 heures de marche (mais après coup nous nous apercevrons qu’il faut plutôt compter cinq heures de marche d’un bon pas !).
Nous rejoignons la route et commençons à marcher mais les voitures nous frôlent de près alors nous décidons de lever le pouce au cas où une bonne âme passerait. Et ça ne tarde pas : une femme accompagnée de sa mère et de son fils nous accueille dans sa Clio. Ving minutes plus tard (oui, nous étions bien perdus…) elles nous déposent dans le bourg de Salazie. Nous ne sommes plus qu’à 7 kilomètres de Hell Bourg, ça devrait aller. Mais il commence à pleuvoir ! Une fois de plus nous levons le pouce et une fois de plus une voiture s’arrête. Ils sont sympas les réunionnais ;-) Cette fois-ci c’est un militaire qui se rend à la base d’Hell Bourg qui nous demande de monter vite car il n’a pas le droit de conduire des civils. Il redémarre en trombe, double dans les virages, écrase la pédale et nous dépose à l’entrée de Hell Bourg où nous le remercions chalereusement, soulagés de descendre !
17 heures, nous sommes de retour à bon port après avoir sillonné le cirque en long, en large et en travers…

Mardi 22/08/06

Quatre connexions de bus plus tard, nous voici dans un gîte à la jonction de la route St Benoit/St Pierre et la route du volcan de la Fournaise que visiterons demain.

Mercredi 23/08/06

Nous sommes au Piton de la Fournaise, perdus dans un nuage froid qui nous empêche de voir quoi que ce soit. Nous attendons une éclaircie dans le café qui se situe au départ du sentier qui contourne le cratère. Nous buvons café après café, chocolat après chocolat…aucun rayon de soleil à l’horizon. Les quelques téméraires qui tentent une incursion dehors reviennent 20 minutes plus tard trempés et grelottants, n’ayant rien vu de plus que sur le pas de la porte, c'est-à-dire un brouillard blanc épais. A 11 heures, un couple de grenoblois avec qui nous discutions jette l’éponge et nous propose de nous reconduire à Saint Paul. Nous profitons de l’offre et nous faisons déposer à Saint Paul. Il ne nous reste plus qu’à monter jusqu’à Plateau-cailloux à pied. Malheureusement rien n’est prévu pour les piétons, nous traversons à toute vitesse une quatre voies où les voitures roulent au pas et débouchons sur la route étroite et sinueuse qui mène à Plateau-cailloux. Nous marchons sur l’herbe en bordure de bitume, les voitures nous frôlent, ce n’est pas très agréable…avant même que nous n’ayions eu l’idée de lever le pouce, une jeune femme baisse la vitre de sa voiture et nous propose de nous conduire à destination ! Nous sommes maintenant dans Plateau-cailloux, il ne nous reste plus qu’à retrouver la maison de Yannick et Valérie. Nous avons l’adresse en poche mais ne sommes plus très sûrs de la direction à prendre. La jeune conductrice sympathique cherche l’école où elle sera institutrice remplaçante pendant quelques jours. Nous lui disons au revoir et commençons à nous renseigner auprès des passants sur la route à suivre. Il faut passer devant la gendarmerie, jusque là c’est clair. Nous procédons étape par étape et arrivés là-bas nous interpellons deux gendarmes qui se garent devant le bâtiment et leur demandons notre route. Et là, une fois de plus, les réunionais nous épatent car les deux képis nous proposent tout simplement de monter et nous conduisent !!! C’est donc, encadrés par deux gendarmes que nous retrouvons la maison de nos amis…Heureusement qu’ils ne nous ont pas vus revenir en si belle compagnie, ça leur aurait probablement fait un choc ;-)

Jeudi 24/08/06

Cet après-midi Yannick nous emmène plonger sur le site des « roches merveilleuses », au large de Boucan Canot. ». Un vieux de la vieille nous accompagne sur le bateau. Il « se la joue » un peu car il s’apprête à faire une plongée à 50 mètres avec un collègue. Il nous explique qu’il plonge depuis 1960 et qu «il va falloir nous entraîner encore un peu pour pouvoir le suivre en profondes ». Il s’équipe, se met dos à l’eau, s’apprête à faire une bascule arrière quand il saisit son manomètre croyant attraper son détendeur et l’approche de son visage, prêt à le mettre en bouche ! Aïe aïe aïe, ça casse tout son effet ça, nous nous marrons comme des baleines, « hé papy, avec le détendeur tu respireras plus facilement ! » ;-)
A notre tour de nous équiper. « Les roches merveilleuses » est un nom poétique à mesure de ce que l’on trouve sous l’eau. Cinq minutes à peine après le début de la plongée nous croisons une tortue puis une cohorte de poissons tropicaux. L’eau est claire, le sable disposé en vaguelettes jaunes et grises tapisse le fond, nous entendons presque la musique du Grand Bleu en toile de fond ;-)

Samedi 26/08/06

Nous plongeons avec Valérie cette fois, sur le site « les aigrettes où nous observons des poissons perroquet, des poissons trompette et des gorgones géantes. Jérôme, notre moniteur de plongée pour la journée nous incite à passer le niveau 2…peut être en Bretagne s’il fait beau ?
Le soir nous jouons au Karom, un jeu d’origine indienne à mi chemin entre les dames, le billard et les billes. Nous nous prenons tellement au jeu que nous en oublions l’heure…

Dimanche 27/08/06

Valérie et Yannick nous emmènent voir une cascade qui se jette dans une piscine naturelle à quelques minutes de chez eux. Après quelques hésitations dues à la température de l’eau nous nous jetons tous dans le bain et grimpons sous le jet de la cascade.
Puis, afin de célébrer la dernière soirée de notre tour du monde, nous admirons le coucher du soleil sur la plage de Boucan Canot.

Lundi 28/08/06

Vol Saint Denis/Orly, retour à la case départ…notre copain Tony nous accueille à l’aérport, premières retrouvailles d’une longue série à Paris puis en Bretagne où nous nous dirigeons dès le lendemain.

jeudi 20 juillet 2006

Carnet de voyage Madagascar



Lundi 17/07/06

Nous atterrissons à Antananarivo peu avant minuit : nous avons un « léger » retard ;-)
Débarqués à l’aéroport, nous nous faisons encercler par les chauffeurs de taxi qui attendaient le dernier vol avant de rentrer chez eux. C’est leur dernier trajet de la journée, les négociations vont bon train et Seb obtient la course à un prix défiant toute concurrence : 4 000 Ariary, c'est-à-dire moins de 2 euros. Sur le chemin le taxi s’arrête à la pompe à essence : 2 200 Ariary le litre ! Nous sommes tellement pris de remords que finalement nous laissons au taxi près de 3 fois le prix prévu.

Mardi 18/07/06

Nous courons aux quatre coins de « Tana » (diminutif d’Antananarivo) pour préparer la suite de notre voyage. Nous sommes en pleine saison touristique, nous n’avons plus beaucoup de choix mais nous dénichons difficilement des billets pour l’île de la Réunion pour le 12 Août.

Et comme aujourd’hui est un jour spécial, les 33 ans de Seb ! nous fêtons son anniversaire dans un des meilleurs restaurants de la ville : le Kudéta. Nous nous régalons de gratiné de crabe, de crevettes et de zébu au foie gras : nous commençons déjà à aimer Madagascar :-)

Mercredi 19/07/06

6 heures, nous montons dans le bus pour la ville d’Antsirabe située à 169 kilomètres au sud de la capitale.
Nous l’atteignons dès 9h et louons des VTT pour visiter les environs. Nous partons vers midi, le ciel est d’un bleu pur, nous traversons des rizières, de petits villages dont les maisons sont faites de briques rouges, contournons de jolis lacs, dépassons des chars tirés par des zébus, grimpons à flanc de colline, apercevons des cultures en terrasses, des rivières…la randonnée est superbe ! Heureusement car le parcours de 35 kilomètres est jalonné de belles côtes et comporte de longs chemins caillouteux, c’est du sport ! Nous sommes tellement fatigués que nous optons pour le taxi-brousse pour rentrer à Antsirabe (comme la plupart des touristes, je précise ;-))

Nous sommes 10 adultes et un nourrisson dans la R12 break taxi-brousse sur laquelle nous avons attaché nos vélos. L’essence est très chère ici comparé au niveau de vie, le co-voiturage est donc poussé au maximum…

Voilà, après notre petit tour de France à nous, nous quittons la voiture balai pour le Cyber Snack qui, comme son nom l’indique propose des accès Internet et des snacks…et nous nous attablons pour assister à l’arrivée de l’étape alpine du jour retransmise sur TV5.
Une fois revigorés nous rentrons au « Cercle Mess », un bâtiment utilisé pour loger l’armée malgache mais qui loue également de grandes chambres au public. Rien de tel qu’un après-midi de VTT pour passer une bonne nuit :-)

Jeudi 20/07/06

Nous avons décidé de faire un peu de sport à Madagascar alors aujourd’hui, c’est « cheval »…
Nous retrouvons notre guide et nos montures au petit matin. Une maman cavalière chevronnée et sa fille nous accompagnent. Nous partons tranquillement au pas, il ne faut pas oublier que notre dernière (et première) expérience équestre remonte déjà à 10 mois… Nous sortons de la ville, traversons la rivière et nous dirigeons vers des petits villages dans lesquels les enfants nous crient des « salut vazaha » ! Tout se passe bien, il fait beau, nous nous réhabituons au petit trot, le panorama composé de rizières et de collines est fabuleux, c’est super…jusqu’au moment où les chiens s’y mettent ! Aux abords d’une maison un petit chien blanc, alerté par le bruit des chevaux, sort en courant et en aboyant autour de nos montures. Mon cheval s’affole, prend peur, il rue dans les brancards, se cabre et me voila propulsée dans les airs dans un magnifique vol plané style « sac à patates »…je me récupère sans plus de style sur le flanc droit, dans la terre rouge…un peu sonnée. Le temps de reprendre mes esprits, je me rends compte que je n’ai rien de cassé, mais j’ai eu une belle frayeur !

Une chute par jour ça suffit, je change de monture pour un cheval plus aguerri et moins peureux : une vieille rosse quoi ;-) Non, je plaisante, mais un cheval avec plus de bouteille ça ne fait pas de mal et nous passons les villages suivants et les s…de corniauds hurleurs sans encombres.

Nous montons par un sentier vers une des collines qui surplombent la ville et faisons une pause à l’ombre des arbres en admirant la vallée pendant que nos chevaux se sustentent…

Il est temps de redescendre, le chemin n’est pas facile pour les chevaux, il est bien cabossé, il faut s’accrocher ! Nous passons sous des allées de pins, retraversons la rivière, suivons la voie ferrée et regagnons nos pénates. C’était une ballade fantastique, un peu mouvementée mais absolument fantastique. Les environs d’Antsirabe sont exceptionnels.

Vendredi 21/07/06

Antsirabe est la capitale des « Pousse-pousse », vestige de l’influence asiatique. Ces charrettes pour voyageurs, tirées par des hommes, sont partout dans la ville. Dès que nous pointons le nez hors de notre hôtel tous les pousse-pousse des environs courent vers nous et nous crient leur numéro de véhicule : « Numéro 3 ! Numéro 20 ! Numéro 17 ! N’oubliez pas hein ! ». Enfin, ils « crient », façon de parler car les malgaches ont en général une voix tellement douce et des intonations tellement calmes qu’ils ont l’air incapables de hausser la voix ou même de s’énerver.

A 9 heures nous montons dans le bus en direction de Fianarantsoa que nous atteignons vers 15 heures. Aux abords de la ville nous apercevons, le long de la rivière, des fabriques de briques en terre cuite. Les rectangles de terre grise découpées dans la terre sont déposés par centaines sur les rives tandis que les briques cuites, devenues rouges, sont alignées le long de la route dans l’attente d’un convoi. La confection, la cuisson dans des fours de fortune et le transport des briques occupent beaucoup de monde et les enfants sont parfois mis à contribution pour le transport des briques qu’ils calent sur leurs têtes…

Samedi 22/07/06

7h30, le « FCE », le train Fianarantsoa Côte Est, un vieux train rouillé de quelques wagons seulement se met en branle. Nous sommes dedans. Nous avons assisté au remplissage de la seconde classe : une cohue indescriptible, les paquets passent par les fenêtres, les premiers arrivés réservent la place pour toute la famille, autrement dit nous n’avions pas notre chance pour obtenir une place assise. Nous nous sommes alors félicités d’avoir opté pour la première classe dans laquelle le confort n’est pas exceptionnellement plus élevé mais où, au moins, les places sont réservées. Pour un voyage de 8 heures ça compte.
D’ailleurs la plupart des touristes ont eu la même idée que nous et les wagons de première sont quasi exclusivement occupés par eux (nous).

L’intérêt du circuit, hormis le voyage dans le temps que représente un trajet sur une ligne dont la construction a débuté sous la colonisation et dans des wagons suisses datant du milieu du siècle dernier, réside dans la beauté et la variété des paysages traversés. Nous longeons tout d’abord des rizières et dépassons les hautes maisons de briques rouges dotées d’un long balcon en bois, caractéristique du peuple Betsiléo. Nous coupons la plantation de thé de Sahambavy, l’unique plantation de thé de Madagascar, puis le train se fraie un chemin au milieu de la forêt tropicale, des cocotiers et des bananiers. Cette ligne atypique coupe les parcs nationaux de Ranomafana et Andringitra. La végétation est très dense aux abords des rivières et de la belle cascade de Madriampotsy que nous admirons, penchés aux fenêtres.
Les conversations vont bon train également à l’intérieur du wagon, même si les crissements des roues sur les 163 kilomètres de vieux rails saisis aux allemands en Alsace par les français au lendemain de la première guerre mondiale ou les passages dans l’un des 48 tunnels qui jalonnent le parcours rendent parfois la compréhension difficile. Pour la première fois depuis longtemps la langue du voyage est ici le français. En effet, non seulement nous communiquons en français avec les malgaches mais les voyageurs francophones (suisses, québécois, belges et bien sûr français) sont bien plus nombreux que les autres. Nous rencontrons beaucoup d’habitants de la Réunion toute proche venus passer leurs vacances ici et en profitons pour leur demander conseil sur les lieux à visiter sur leur île car c’est notre prochaine (et dernière) étape.

Le train traverse des villages très isolés pour qui il représente l’unique moyen de communication et d’échange économique avec le monde extérieur. Les villageois chargent des bananes, des oranges et des mandarines dans les wagons de fret, sous les sièges, dans les corbeilles à bagage... Le convoi leur permet d’exporter chaque année 3 000 tonnes de café et plus de 12 000 tonnes de fruits vers les marchés régionaux. Si le « FCE » cessait de fonctionner cela signerait l’arrêt de mort de beaucoup de villages et accélèrerait la déforestation car les arbres fruitiers ne doivent, eux aussi, leur existence, qu’à ce train. Sans lui les villageois cultiveraient uniquement du riz et auraient recours à la culture sur brûlis. De ce fait on estime que le corridor forestier disparaîtrait en une petite vingtaine d’années ! Sans compter que les convoyeurs de fruits qui portent des charges de près de 60 Kgs sur parfois 10 kilomètres (en échange d’une somme équivalent à 2 kilos de riz) perdraient leur emploi…Si le tourisme s’y met pour plébisciter la survie de cette ligne ce n’est donc pas plus mal.

Nous atteignons Manakara à l’heure prévue c'est-à-dire vers 15 heures : aucun déraillement à déplorer, pas de problème, pas de retard, ce qui n’est pas toujours le cas…
Le train coupe la piste d’atterrissage de Manakara ( !) et entre en gare : terminus, tout le monde descend. En face c’est l’océan indien !

Dimanche 23/07/06

Pendant que les paroissiens endimanchés se rendent à l’office, nous prenons notre petit déjeuner chez Clo : pains au raisin, pains au chocolat, croissant aux amandes…l’influence française a du bon parfois ;-)

Après ce solide petit déjeuner, nous partons marcher vers la mer. Nous longeons la jolie plage de sable jaune. L’eau fait envie mais elle est paraît-il fréquentée par les requins et malmenée par les courants : nous nous abstenons donc.

Nous nous baladons le long de la plage sous une allée de pins, dépassons des vendeurs de noix de coco et arrivons au Parthenay Club, un hôtel-restaurant de bord de mer dans lequel nous voulions descendre hier mais qui était complet. La piscine d’eau de mer est attirante sur le papier mais dans les faits l’échelle rouillée, l’eau sombre et les parois grisâtres n’invitent pas à la baignade…

A défaut de bain nous nous attablons face à la mer, scrutons l’océan où, paraît-il, on aperçoit parfois le souffle des baleines qui croisent au large et commandons des langoustes grillées. Nous n’avons pas la chance de voir les baleines, il est encore un peu tôt, le mois d’Août serait plus propice…mais les langoustes sont délicieuses.

Lundi 24/07/06

Coup de sifflet, tout le monde en voiture, nous sommes fins prêts pour le retour sur Fianarantsoa. Nous retraversons la piste d’atterrissage et retrouvons les champs carrés séparés par de petits murets. Nous laissons dernière nous les huttes en bois à la toiture en feuilles de palmier des Tanala et contemplons les larges feuilles de bananiers transpercées par la douce lumière jaune du matin.
Le train s’arrête dans les petites gares qui s’animent au passage du train. Comme à l’aller c’est l’effervescence pour vendre des bananes, des mandarines, des écrevisses grillées, des petites saucisses ou des pommes cannelles aux voyageurs. Notre curiosité nous pousse vers les pommes cannelles, des fruits ressemblant extérieurement à un artichaut fermé et dont le goût et la texture de la chair blanche s’apparente à du yaourt. Les gros pépins ne facilitent pas la dégustation mais c’est plutôt bon.
Le retour est sensé être plus long que l’aller car le train doit monter la pente. Lorsque les rails sont mouillés il faut sabler la voie pour ne pas glisser... Mais comme aujourd’hui il fait beau et qu’il y a peu de fret nous entrons en gare avant l’heure prévue.

Mercredi 26/07/06

Le bus de Fianarantsoa à Ranohira pointe son nez avec plus de deux heures de retard mais ça n’étonne personne. A la sortie de Fianar nous apercevons d’énormes roches lisses et rondes plantées au milieu d’un paysage de toute beauté.

Jeudi 27/07/06

L’Angap, l’organisme qui gère les parcs nationaux de Madagascar possède un petit bureau dans le village de Ranohira. La cabane est bondée de touristes et de guides qui s’apprêtent à partir à l’assaut du parc d’Isalo. En plus des prix élevés et du guide obligatoire ça finit de nous refroidir.
Plutôt que de nous mêler à la foule nous choisissons de contourner le parc car les escarpements rocheux sont fantastiques vus de loin. Cela nous permet de marcher tous les deux sans guide, calmement, loin des sentiers touristiques.
Nous décidons donc de longer les hautes parois jaunes et grises de la montagne qui se dresse devant nous. Nous empruntons tout d’abord le chemin utilisé par les 4X4 pour rejoindre le parking qui marque l’entrée du parc national (du moins c’est ce que nous croyions).
Nous accompagnons des femmes qui se rendent au ruisseau pour laver le linge qu’elles portent sur la tête dans de grosses bassines.
Avant l’entrée présumée du parc, nous bifurquons sur la droite dans un petit chemin de pasteurs qui coupe les hautes herbes jaunes et contourne la montagne.
La température est idéale, nous marchons d’un bon pas en suivant les étroits chemins de terre qui se succèdent. Nous dépassons un troupeau de zébus gardé par des enfants, échangeons quelques « salaam », traversons un ruisseau, grimpons sur un monticule rocheux et débouchons sur un micro village de trois maisons.
Là une petite fille de six ou sept ans coiffée de grosses tresses remontées à l’arrière du crâne et habillée d’une robe rose court à notre rencontre. Elle trébuche, manque de s’étaler par terre et pouffe de rire. Parvenue à notre hauteur elle se colle à nous, nous tâte les bras et approche son petit nez curieux de notre peau blanche qui dégage une odeur de crème solaire qu’elle ne connaît pas. Sa mère sort d’une des huttes de terre et de paille, la rappelle à l’ordre et la ramène à la maison.
Nous saluons les trois femmes qui surveillent les nombreux enfants qui jouent dans la cour et continuons le chemin qu’elles nous indiquent. Elles ne parlent pas français mais savent dire « au canyon ». Nous n’avons par de but précis, pas de carte, mais si nous arrivons dans un canyon ça nous va. Et pour le chemin du retour ce n’est pas compliqué : la montagne nous offre un point de repère immanquable.
Quelques minutes plus tard un gros rocher agréablement frais, planté au milieu d’une clairière, nous invite à une pause. Une femme et son mari nous dépassent. La femme, tout sourire, demande une cigarette à Seb. Son sourire s’élargit encore lorsqu’elle l’obtient. Elle rejoint alors son époux pour partager le tabac.
Lorsque nous repartons, ils nous suivent. Devant une rivière nous hésitons. Faut-il se déchausser et la traverser ou y a-t-il un sentier à proximité ? L’homme et la femme qui marchent pieds nus s’avancent dans l’eau et s’arrêtent sur la rive opposée pour se rafraîchir les bras et le visage.
Nous décidons alors de les imiter, ôtons nos chaussures de randonnée, nos chaussettes et entrons avec délice dans l’eau claire et fraîche.
Le ruisseau poursuit son cours vers une petite déclivité dans la roche qui forme une mini cascade et une piscine naturelle. Pendant que nos deux amis remontent le cours d’eau à pied, nous décidons de poser le camp près de la piscine le temps de déjeuner et de nous baigner. L’eau vive est fraîche, nous nous aspergeons et nous lavons de la poussière accumulée lors de la marche de ce matin. Une jeune femme arrive au ruisseau accompagnée d’un petit garçon de trois ou quatre ans et d’un nourrisson qu’elle porte sur son dos. Elle a l’air très pauvre, ses vêtements troués et gris sont presque des guenilles.
Nous faisons sécher nos maillots mouillés sur les pierres puis reprenons le chemin du retour. Nous croisons une famille qui rentre chez elle. Un bébé est perché sur les épaules du Papa et trois enfants marchent devant. Les familles sont nombreuses ici avec un taux de fécondité de six enfants par femme en moyenne ! Les enfants sourient en nous voyant mais, encore un signe de la pauvreté omniprésente et des problèmes de nutrition, l’un des enfants a le ventre rond comme un ballon…
Nous repassons devant la maison de la petite fille à la robe rose. Les hommes sont rentrés des champs à cette heure. Une femme nous invite à boire un verre chez elle mais nous refusons poliment car l’orage tonne dans la montagne, il se rapproche et nous avons encore un long chemin devant nous.

Nous regagnons Ranohira avant la pluie mais là-bas un comité d’accueil nous attend : nous aurions franchi les limites du parc ! Des guides nous auraient vus et dénoncés… Nous comprenons que les guides sont furieux que nous ne les ayons pas embauchés et après consultation de la carte il semble bien que nous ayions allègrement franchi les limites du parc…mais ils pourraient mettre un panneau !

Le directeur de l’Angap nous sermonne un peu mais finit par nous laisser tranquilles après nous avoir montré les limites du parc sur la carte puis demandé où nous étions… « Oh la la mon bon monsieur, on n’était pas là du tout ! » ;-)

Dans la foulée il nous propose, pour demain, d’embaucher le guide qui nous casse les pieds depuis une demi heure et qui nous a traînés dans son bureau. Quel fin psychologue ! Bien sûr, si nous décidons de visiter le parc c’est sur ce guide que portera notre choix…avec les deux mots de français qu’il a à son actif il a tout de même réussi à nous dire que lors de son séjour en France il avait payé cher et qu’il comptait bien nous rendre la pareille. Très sympathique, c’est sûr, nous le recommanderons !
Pour résumer, nous avons fait une très belle ballade aujourd’hui mais demain nous nous renseignerons bien sur les limites du parc pour partir dans le sens opposé. Au dîner nous croisons deux touristes qui nous expliquent qu’ils marchaient au pas en file indienne sur un des sites du parc, humm, ça fait envie. Pour demain on hésite finalement…

Vendredi 28/07/06

Nous marchons le long de la route qui sort de Ranohira en direction de Fianarantsoa. Le paysage est également très beau même si nous sommes plus loin des montagnes qu’hier. A trente minutes du village nous croisons un homme qui garde un troupeau de zébus, un fusil sur l’épaule ! Nous le saluons, il nous demande où nous allons. Nous lui expliquons que nous voulons juste marcher un peu hors du parc mais il nous prévient qu’il faut faire très attention car il y a beaucoup de vols dans les environs !
Décidément, Isalo commence à nous plaire ! Nous avons réussi à conserver l’appareil photo et la caméra pendant onze mois, ce n’est pas pour nous faire dépouiller à un mois du retour…Nous rebroussons chemin et échouons à la terrasse de l’hôtel restaurant « chez Berny ». Voilà, on veut faire du sport et on nous en dissuade… on a des témoins ! ;-)

Samedi 29/07/06

Le bus nous a déposés à Tuléar pendant la nuit. Nous dégustons une bonne baguette beurrée et confiturée sur la terrasse ensoleillée, installés dans les fauteuils en rotin de l’hôtel restaurant « Chez Lala ». La vie est trop dure…
Après le petit déjeuner nous grimpons chacun dans un « pousse » en direction de la gare routière où nous nous entassons avec vingt autres personnes dans un taxi brousse. Le véhicule a connu des jours meilleurs, il réclame son litron d’eau toutes les cinq minutes. Les 22 kilomètres qui nous séparent d’Ifaty ne sont avalés qu’au bout de deux longues heures. Vers 13H nous descendons de voiture, le sang peut à nouveau circuler dans nos jambes.
A la terrasse d’un café nous retrouvons deux réunionnais rencontrés plus tôt dans le bus et Gilbert, un franco espagnol que nous avions croisé à Mamallapuram dans le Tamil Nadu en Inde où il est sculpteur : le monde est petit !
Gilbert nous guide dans le village et nous montre quelques bungalows. Nous entrons chez « Pop » où un rastaman gonflé à la ganja et au rhum nous présente une hutte dans laquelle les draps auraient des histoires à raconter…nous ne voulons pas les connaître et continuons vers « l’Auberge Inn » qui, malgré son jeu de mots un peut limite est super et sert une cuisine exquise.

Dimanche 30/07/06

Ifaty compte quelques beaux sites de plongée que nous décidons d’explorer avec Richard, un sud africain hyper sympathique qui tient la barre du centre de plongée « Le Grand Bleu ».
Nous rejoignons la barrière de corail puis débutons par un peu de « masque-tuba » pendant que Ludmila, une bretonne montée avec nous sur le bateau, fait son baptême de plongée.
Le site a été poétiquement baptisé « le champ de roses » en raison de la forme des coraux dont les extrémités ressemblent à des pétales. Nos combinaisons de 5 millimètres d’épaisseur (l’eau n’est pas encore très chaude car c’est l’hiver), nous permettent de flotter sans effort. Nous observons les poissons perroquets, les poissons trompettes et leurs congénères multicolores puis nous remontons sur le petit bateau pour changer de site et descendre avec les bouteilles cette fois.
« Le canyon », le troisième site de plongée nous plaît particulièrement. Nous croisons deux gros poissons « Napoléon », planons dans des canyons sous marins, traversons de petites arches et observons avec gourmandise d’énormes langoustes que nous n’avons pas le droit d’inviter à déjeuner (il faudrait venir en apnée et 20 mètres de fond ce n’est pas donné à tout le monde ;-)

Lundi 31/07/06

De bon matin nous dépassons les pêcheurs qui gagnent le large sur leurs coques de bois poussées par le vent qui s’engouffre dans les voiles faites d’un patchwork de tissus.
Nous traversons « la passe », le chenal qui coupe la barrière de corail qui protège le lagon et rejoignons le premier site de plongée de la matinée. Entre les deux sessions nous scrutons le large à la recherche des baleines à bosse qui croisent dans le canal du Mozambique avant de rejoindre l’île Sainte Marie. Mais comme hier nous ne voyons que le grand bleu à perte de vue et aucune baleine à l’horizon.
Nous plongeons dans « la fosse aux requins », un site baptisé ainsi car avant le passage d’El Niňo et le réchauffement de l’eau, on était assuré d’y croiser des requins. Aujourd’hui les requins se sont évadés vers des eaux plus fraîches et il est beaucoup plus rare d’en voir.
Pas de requin pour nous aujourd’hui, pas de baleine non plus mais pendant toute la plongée nous les entendons chanter. Leur chant porte loin, elles peuvent être à plusieurs kilomètres…

Mardi 1/08/06

C’est notre cinquième et dernière plongée ce matin. Nous sommes accompagnés de trois suisses et d’un français qui découvrent avec nous le site appelé « les cathédrales ». C’est notre site préféré d’Ifaty. Les roches ont formé des arcades sous marines et des petits tunnels dans lesquels des poissons ont élu domicile. Les fonds marins sont somptueux, on se croirait dans une cathédrale engloutie, ce qui donne une certaine solennité au paysage.
Remontés à la surface, une surprise de taille nous attend. Deux baleines à bosse longent la baie ! Leur dos gigantesque rase l’eau, elles vont très vite.
Nous les suivons un moment avec le bateau puis elles plongent en nous dévoilant leur nageoire caudale. Les reverrons nous ou nous tiraient-elles leur révérence ?
Oui ! Les voici à nouveau. Elles affleurent l’eau de l’autre côté du bateau et forment des geysers dans un grand souffle puissant.
Encore sous le charme de cette rencontre, nous les regardons s’éloigner alors que le bateau s’arrête sur le second site de plongée. Richard vient de décider de nous offrir une plongée supplémentaire, c’est lui qui arrose, c’est vraiment très sympa de sa part.
Nous chaussons nos palmes, enfilons nos stabs munies de nos bouteilles en alu et basculons dans l’eau claire. Il y a près de 20 mètres de fond et nous voyons les coraux et les poissons depuis la surface !
Un poisson pilote nous colle pendant toute la plongée. Lui aussi paraît nostalgique des requins… ;-)
Un gros mérou nous attend à la sortie d’une grotte, des bancs de poissons jaunes et bleus s’égayent à notre arrivée, les nageoires en dentelle effilochée des poissons scorpion dansent au gré des courants et de grosses étoiles de mer bleues tapissent le fond… Ifaty est un site de plongée formidable, tout aussi beau que la grande barrière de corail en Australie !

Mercredi 2/08/06

Nous reprenons le taxi brousse en direction de Tuléar. Cette fois c’est un gros camion transformé en bus, beaucoup moins essoufflé que le taxi brousse de l’aller qui nous conduit…

Jeudi 3/08/06

Après avoir longuement hésité à nous rendre à Anakao à quelques heures de taxi-brousse au sud de Tuléar, nous décidons de retourner plonger à Ifaty.
Nous étions sur le point de descendre à Anakao mais nous avons rencontré plusieurs plongeurs déçus par les fonds sous marin déserts et d’autres dégoûtés par la saleté de la plage…nous avons donc changé d’avis. Nous avions des billets d’avion et des réservations de bus à changer. Notre brève étape à Tuléar n’aura donc pas été inutile.

Nous prenons à nouveau place dans le taxi brousse en partance pour Ifaty. Le conducteur nous réclame 3 000 Ariary chacun alors que, pour avoir effectué le trajet deux jours plus tôt, nous savons pertinemment que le prix est de 2 000 Ariary. L’homme est antipathique, clame que pour les « Wazaha » c’est le prix, et tout le monde autour rigole de sa tentative d’escroquerie. Seb refuse de se laisser racketter et lui tend 2 000 Ariary avant de faire monter nos sacs sur le toit. Nous prenons place sur les bancs défoncés du camion.

Un vieil homme sec à faire du feu s’assied à côté de nous. Derrière, quatre marmots gigotent sur les genoux de leur mère. C’est la cohue dans l’allée centrale et le sol est recouvert de sacs de riz.

Les enceintes, volume à fond, crachent du zouk. Les enfants chuchotent les paroles alors que les jeunes hommes debout dans l’allée secouent les hanches en cadence. Ce serait sympa si nous n’étions pas collés aux enceintes, que nous pouvions respirer librement et si le banc n’était pas fendu ;-) Et dire que je me plains du métro à Paris…
Le camion se remplit progressivement par des faufilements entre les corps déjà compressés et par des incursions par les fenêtres…au bout d’une heure plus personne ne peut bouger. Nous pouvons donc partir après l’arrêt traditionnel à la pompe à essence bien sûr.

Le trajet, quoiqu’ « un peu » inconfortable se passe sans encombres. A Mangily-Ifaty, nous descendons par l’embrasure d’une fenêtre afin de ne pas désincarcérer les 20 personnes emmêlées à l’arrière du bus.

De retour à l’Auberge Inn nous constatons que les poches de nos sacs ont été visitées pendant le parcours. Le couteau suisse et la lampe frontale ont trouvé un nouveau propriétaire. Vengeance du chauffeur ou vol routinier ? Je me pose la question.
Après 11 mois de voyage aux quatre coins du monde voici donc le premier vol que nous ayions à déplorer. Dommage que ça se passe dans un de nos pays préférés mais ça aurait pu être pire. Heureusement que l’intérieur des sacs était cadenassé car j’aurais eu plus de mal à prendre avec philosophie la perte de l’ordinateur, de la caméra ou de l’appareil photo.

Vendredi 4/08/06

Richard, notre moniteur de plongée, heureux de nous revoir si vite, confie à Seb qu’il avait fait un grigri pour que nous revenions ;-) Il faut croire que ça a fonctionné…
La mer est plus agitée que les jours précédents. Les pêcheurs sont restés à terre pour la plupart. Nous prenons tout de même le large et plongeons sur le site de Bea Vato car la visibilité est excellente malgré les vagues.
Vingt mètres plus bas, nous évoluons dans le royaume de l’apesanteur à côté d’un énorme poisson napoléon, de poissons lion noir et blanc dont les nageoires ressemblent à des ailes effilochées, de poissons perroquet et au milieu d’une multitude d’autres poissons multicolores.
Nous planons au dessus du récif corallien et retenons notre respiration pour profiter au mieux du chant aigu, fluctuant et mélodieux des baleines, que nous percevons depuis le début de la plongée.
Richard nous fait signe qu’elles sont très proches, nous vérifions la surface de temps en temps dans l’espoir de voir une masse imposante assombrir notre ciel d’eau.
Effectivement les baleines n’étaient pas loin car, remontés en surface, nous localisons leur souffle aquatique à quelques encablures.
Trois baleines à bosse se suivent et filent dans un mouvement oscillatoire gracieux, nous dévoilant leur large dos entre deux gerbes d’eau. Nous les suivons pendant quelques minutes, espérant qu’elles décident de se reposer quelques instants à proximité de notre embarcation…mais elles nous montrent leur queue et piquent vers les profondeurs.

Samedi 5/08/06

Il a plu cette nuit et un gros orage a éclaté. Les vagues sont très grosses ce matin et la passe qui permet de sortir du lagon est infranchissable. Pas de plongée aujourd’hui.

Mercredi 8/08/06

Les vagues se sont enfin aplanies. Nous tentons une immersion ce matin. Malheureusement il y a encore trop de sable en suspension, ce qui gâche la visibilité. L’eau est trouble. Heureusement en surface nous avons de la compagnie : une baleine à bosse accompagnée de son bébé flotte tranquillement en surface. Elles sont presque immobiles et se laissent approcher. Nous en profitons pour les admirer de près quand soudain un gigantesque mâle émerge entre elles et le bâteau ! Nous prenons du large car ça devient dangereux : notre embarcation est encore plus petite que le baleineau : un coup de queue mal placé et nous nous retrouverions tous à l’eau…

Jeudi 10/08/06

6h30 : nous montons dans le « Mada Bus » en direction de Tana. L’épisode « Madagascar » est presque terminé…
Nous profitons de ce dernier trajet pour graver une nouvelle fois dans nos mémoires les paysages changeants mais toujours très beaux qui se succèdent sur la Nationale 7 : de petites huttes isolées posées sur la terre rouge, des étendues arides délimitées par les montagnes qui composent un paysage digne de Lucky Luke, des formations rocheuses sculptées, des rizières…Mada, c’est beau !

Samedi 12/08/06

Nous ne porterons plus nos sacs très longtemps. Nous pouvons maintenant nous permettre d’acheter des souvenirs. Nous nous rendons dans un petit marché d’artisanat malgache dont les étals se dressent à quelques pas de l’hôtel Moonlight où nous sommes descendus. Les sculptures sur bois, la vannerie, les modèles réduits de 2 CV ou de 4L en boîtes de conserve recyclées : nous avons l’embarras du choix et nous aimerions pouvoir rapporter tout ce que nous voyons.

Après ces emplettes nous tentons pour la troisième fois d’appeler Yannick et Valérie, deux réunionnais avec qui nous avons sympathisé lors d’un déjeuner au parc d’Isalo. Nos précédentes tentatives se sont soldées par un échec car nous n’avions pas le truc : il faut doubler l’indicatif « 262 » pour obtenir la communication (il fallait trouver). Mais un autre réunionnais rencontré au petit déjeuner ce matin nous a dévoilé l’astuce.
La carte téléphonique file vite. J’ai juste le temps de dire à Valérie que nous arrivons vers 21H ce soir à St Denis et que nous les rappellerons dès le lendemain depuis St Denis pour savoir si on peut se rencontrer. Nous étions loin de nous douter que Yannick nous attendrait à l’aéroport pour nous conduire chez eux !! C’est vraiment sympa, d’autant plus qu’ils habitent à St Paul, que la route du littoral est fermée et qu’il a dû s’enquiller 1h30 de route de montagne aller puis 1h30 retour pour venir nous chercher ! Valérie et Yannick nous accueillent à bras ouvert comme des amis de longue date. Nous avons rencontré pas mal de personnes sympathiques pendant notre tour du monde mais là c’est le summum. Nous sommes épatés par tant de gentillesse.