Dimanche 15/01/2006

17 heures, le Boeing 747 en direction de Sydney décolle enfin.
18 heures, après 3 heures de vol et le jeu des décalages horaires nous atterrissons à Sydney ! Mais avant de fouler le sol australien nous devons nous débarrasser des fruits et sandwiches qui nous restent car rien de tout ceci ne passe ici.
Nous déclarons quelques condiments que nous transportons depuis la Nouvelle Zélande, ce qui fait rire le douanier : « Que comptez-vous faire avec ça ? Cuire un kangourou ? » Puis sur le ton de la confidence il nous glisse, l’œil malicieux : « Le koala c’est pas mal non plus » ;-) Oh ! Nous avons trouvé un douanier qui a de l’humour ! C’est rare…
Il approche son chien de nos sacs. Le chien renifle un petit coup et s’agite immédiatement : « Il a senti des produits frais » nous explique le douanier. « Je vais devoir fouiller… ». « OK, faites comme chez vous mais vous ne trouverez rien, on a tout mangé ». Le chien a l’odorat si fin qu’il a senti l’odeur des fruits transportés dans le sac. « C’est bon, allez cuisiner votre kangourou ailleurs ;-) ».

Il est déjà tard. Nous louons une voiture et nous dirigeons vers les Blue Moutains à une heure de route de Sydney. Nous visiterons la ville plus tard.
La conduite de nuit, sous la pluie, dans une grande ville inconnue, du mauvais côté de la route, avec une boîte manuelle (on perd vite l'habitude) du mauvais côté du carrosse également…et bien c’est pas la joie !

Nous réussissons tout de même à trouver la ville de Katoomba située au cœur des Blue Moutains et nous y dénichons même un backpacker de justesse.

Lundi 16/01/2006

Le « Blue Mountains YHA » (www.yha.com.au), le backpacker dans lequel nous sommes, est gigantesque. C’est une ancienne école transformée. Les salles de classe sont devenues des chambres et des dortoirs, le réfectoire fait office de cuisine, salon et salle à manger et la cour de l’école sert de jardin où l’on peut faire un barbecue. En plus la décoration est agréable, vraiment c’est un endroit plaisant.

Après l’humidité et la fraîcheur de la Nouvelle Zélande nous pensions arriver en Australie en plein été torride. Nous étions préparés à affronter de fortes chaleurs. On nous promettait des 40°C et nous les attendions presque avec impatience. Mais ce matin il ne fait pas très beau.

Nous nous rendons à Echo Point près de Katoomba, où nous découvrons la Jamison Valley : une gigantesque forêt que nous surplombons depuis une des crêtes rocheuses rouge et marron qui entourent la vallée. Entre deux nuages nous apercevons tout de même les three sisters, trois pics rocheux gigantesques perchés au dessus de la vallée verte.
Nous nous demandons alors évidemment pourquoi ces montagnes si vertes s’appellent-elles les « Blue Moutains » ? Apparemment les eucalyptus sécrètent une substance qui donne parfois des reflets bleus à la montagne. Ce doit être par beau temps ;-)

Après la découverte de ce panorama, nous effectuons une marche dans la rainforest en contrebas. Nous y distinguons de grands perroquets blancs à crête jaune et plein de petits perroquets bleus, verts et rouges : très mignons.

Mardi 17/01/2006

Nous rendons à Blackheath pour admirer la Grose Valley depuis « Evans Lookout ». Malgré les nuages gris la vue est dégagée et nous pouvons admirer le canyon tapissé d’arbres verts et entouré de roches rouges sur la partie supérieure. Le paysage est grandiose !

Bon, l’orage revient, nous rentrons à Sydney. Le retour de la voiture à l’agence de location est épique. Les conducteurs sont tellement agressifs ici qu’ils mériteraient d’être parisiens ;-)

Nous posons nos sacs à dos au Kanga House Backpacker dans le centre de Sydney (www.kangahouse.com). Le lieu n’a rien d’exceptionnel. Il serait même un peu sale et les chambres sont petites. Mais il n’est pas cher et notre chambre nous offre une magnifique carte postale dans l’encadrement de la fenêtre : nous avons une vue exceptionnelle sur le jardin botanique, le Sydney Harbour Bridge et l’Opera House ! Lorsque la nuit tombe et que les éclairages sont mis c’est magique.

Mercredi 18/01/2006

Nous marchons dans le Royal Botanic Garden, un immense jardin rempli d’arbres exotiques de toutes sortes et de merveilleux oiseaux colorés. Au centre du parc nous levons les yeux vers les arbres où des centaines de chauves-souris sont suspendues tête en bas les ailes repliées autour d’elles. On dirait de gros fruits. Elles sont très nombreuses, c’est impressionnant.

Nous continuons notre chemin et arrivons aux pieds de l’opéra. Finalement le bâtiment est beaucoup plus beau vu de loin car son architecture découpée ne permet pas d’avoir une vue d’ensemble si l’on s’approche trop.
Nous contournons l’opéra et faisons face au pont gigantesque qui enjambe le port. Certains touristes marchent sur les arceaux supérieurs du pont. La vue doit effectivement être impressionnante de là-haut.

Au retour nous retraversons le parc et retrouvons nos chauves-souris. L’après-midi se termine et la journée va enfin débuter pour elles. Les piaillements sont incessants, elles sont à leur toilette alors que les plus matinales volent déjà autour des arbres. Elles sont immenses ! Rien à voir avec nos petites chauves-souris européennes. Les ailes de celles-ci font facilement 40 centimètres d’envergure !

Vendredi 20/01/2006

Sur le chemin pour « Circular Quay », le point de départ des Ferry, nous marquons un arrêt sur le parvis de l’Opéra. Là un terrain de tennis a été installé ainsi qu’un écran géant rediffusant les matchs de l’Open d’Australie qui se déroule en ce moment.
A peine sommes nous arrivés que Matt Willander, Guillermo Vilas, Pat Rafter et une jeune joueuse australienne descendent les marches et prennent place sur le cours pour un match amical ! Il y a seulement quelques centaines de personne sur les marches et les bords du terrain sont quasiment vides. Alors nous regardons le match tranquillement accoudés à la rambarde, étonnés de voir ces icônes du tennis en chair et en os en train de s’amuser à quelques mètres de nous.
Guillermo Vilas, fidèle à lui-même, fait le pitre sur le cours et entraîne Matt Willander qui se met à imiter John Mac Enroe et jette sa raquette par terre en jurant. Ils ont l’air de s’amuser autant que le public. Nous passons un bon moment nous aussi.



Après le match nous continuons notre route vers les quais des nombreux Ferry qui naviguent dans la baie de Sydney. Nous prenons place sur le bateau pour Manly, une petite ville balnéaire dans la banlieue de Sydney. La demi-heure de traversée nous permet de contempler Sydney depuis un nouveau point de vue : l’Opéra, le pont…puis les alentours de Sydney et sa banlieue très étendue. Arrivés à Manly nous rejoignons sa grande plage très fréquentée et y pique-niquons sous le soleil en regardant les surfeurs, les body boarders et les baigneurs.
La baignade est surveillée attentivement, les courants sont forts apparemment. Par trois fois les surveillants préviennent les baigneurs par haut-parleur de l’arrivée sur la côte de « Blue Bottles », des méduses dont la piqûre provoque de très graves brûlures. Mais ça ne décourage pas les baigneurs...

Samedi 21/01/2006

Nous prenons l’avion pour Melbourne et louons une voiture dès l’arrivée à l’aéroport. Nous bénéficions d’un tarif spécial « Open d’Australie » apparemment car nous n’avons jamais payé une voiture aussi cher…
Nous mettons immédiatement le cap sur la Great Ocean Road à l’ouest de Melbourne. La Great Ocean Road est une route côtière spectaculaire d’environ 500 kilomètres, le long desquels de magnifiques plages et pics rocheux se succèdent.
Nous arrivons à Torquay, le début « officiel » de la Great Ocean Road. Les rares backpackers et hôtels de la ville sont complets. Une fois de plus nous constatons que nous dormons plutôt bien dans une voiture…

Dimanche 22/01/2006

Nous sommes à Bell Beach. Il n’est que 9h30 du matin et il fait déjà 35°C ! Nous descendons sur la plage, prenons un bon bain rafraîchissant puis nous posons à l’ombre de la falaise pour bouquiner un peu.
Nous remontons à la voiture vers midi. Il fait bien plus de 40°C à l’ombre et facilement 50°C dans l’habitacle ! C’est une chaleur très sèche, on se croirait devant la porte d’un four thermostat 6 : vive la climatisation. Le soleil ici, c’est pas ton ami ;-) D’ailleurs vous trouvez peu de crème solaire d’indice inférieur à 30. Et elles sont très bon marché. Il faut dire que c’est un produit de première nécessité ici, comme l’huile d’olive dans le sud ou le beurre salé en Bretagne, pareil ;-)

Nous longeons les belles et longues plages blanches du début de la Great Ocean Road et nous arrêtons au phare de Aireys Inlet. Nous marchons au maximum à l’ombre et écourtons la visite, il fait vraiment trop chaud. Nous reprenons la route, nous nous arrêtons à Lorne dans un backpacker et plongeons dans l’océan qui nous rafraîchit enfin.

Lundi 23/01/2006

Il paraît qu’on peut voir des kangourous à Anglesea ! Nous y sommes passés hier et avons raté cela. Nous rebroussons donc chemin ce matin et en apercevons 6 tranquillement installés sur le terrain de golf. Pas très actifs ces kangourous…on doit être tombés à l’heure de la sieste. Il n’y en a qu’un qui broute, assis sur ses pattes arrière. Les autres sont affalés sur l’herbe.

Nous continuons notre découverte de la Great Ocean Road : encore de belles plages, encore de longues plages, encore, encore, encore…

Nous nous dirigeons vers le phare du Cap Otway où, selon notre Lonely Planet, il est possible d’apercevoir des koalas ! Mais arrivés là-bas nous nous rendons compte qu’il y a peu d’eucalyptus aux alentours du phare. Et aucun Koala à l’horizon. Déçus, nous faisons demi tour et regardons dans les arbres au bord de la route qui eux, sont des eucalyptus. Mais il n’y a aucune boule de poils dans les arbres…et puis scruter les arbres en conduisant ce n’est pas évident. Seb voit un chemin de terre sur notre droite. Nous nous y engageons, garons la voiture sur le bas-côté et continuons notre exploration à pied.
Résignés, nous nous disons qu’il faut vraiment avoir de la chance pour voir l’emblème des animaux en voie de disparition.
Nous marchons encore un peu par acquis de conscience, le nez tourné vers la cime des eucalyptus quand soudain, je vois une mignonne petite touffe de poils grise recroquevillée sur une branche : un koala en train de dormir ! Lorsque Seb déclenche l’appareil photo le bruit intrigue le koala qui nous regarde alors de ses grands yeux noirs interrogatifs. Avec sa grosse truffe noire, ses grandes oreilles blanches et roses et son pelage gris clair qui a l’air aussi doux que de la laine on dirait vraiment une peluche ! Un peu plus haut nous apercevons un de ses congénères en plein repas, puis un autre, encore un, un de plus…une vingtaine ! Nous sommes tombés sur un nid. Nous en apercevons même deux avec leur bébé sur le dos. On a vraiment envie de les prendre dans ses bras et de les caresser tellement ils sont mignons !



Mardi 24/01/2006

Nous sommes sur le site des « Douze apôtres », des pics rocheux entourés d’eau et sculptés par la mer. Ils ne sont que sept en fait, trois auraient été emportés par les flots ou n’auraient jamais existé. Peu importe, ces hautes tours jaunes frappées par les vagues donnent à la côte un charme incroyable. Nous sommes loin des longues plages ravissantes mais monotones du début de la Great Ocean Road…



Les plages suivantes sont elles aussi surmontées de falaises jaunes sculptées : des grottes, des arches, des ponts…tout ceci entouré d’une mer bleue aux vagues puissantes. A nos yeux c’est la partie la plus séduisante de la « Great Ocean Road ».
Lorsque le soleil rasant du soir apparaît, la luminosité change et illumine les roches jaunes qui brillent d’une belle couleur dorée, c’est encore plus beau.

Mercredi 25/01/2006

Il nous reste 500 kilomètres avant d’atteindre Adélaïde ce soir. Nous prenons notre temps et nous arrêtons un bon moment à l’ombre de pins juste avant de passer la frontière régionale entre Victoria et South Australia. Nous avons beaucoup de fruits avec nous et il est interdit de faire passer ces denrées d’une région à l’autre sous peine d’amende sévère : 2 000 Dollars ! Nous nous faisons donc un devoir de faire disparaître 6 bananes, 3 pommes et un kilo de raisin avant de poursuivre notre route ;-)

La route est droite et monotone, l’arrivée intempestive d’un kangourou sur la chaussée est toujours à craindre. Nous scrutons donc les bas-côtés prêts à bondir sur le frein car contrairement aux 4X4 qui circulent ici, nous n’avons pas de « pare bœufs » et une collision pourrait faire des dégâts…


Nous entrons dans Adélaïde vers 23 heures après plusieurs pauses sympathiques au bord de l’eau. Nous avons notamment contemplé un fabuleux couché de soleil rouge-orange sur la baie de Koorong National Park. Quatre pélicans dont les silhouettes se détachaient en contre jour y effectuaient un ballet aquatique avec une synchronisation parfaite dans le piqué de bec et le relevé de tête ;-)



Jeudi 26/01/2006

Après une nuit très courte et un vol Adélaïde-Alice Springs encore plus court, nous posons le pied sur la terre rouge du « Red Centre ». Nous ne tardons pas à devenir rouges nous-mêmes car il fait une chaleur infernale. Ce n’est pas le moment idéal pour visiter la région. Le meilleur moment se situe entre juillet et septembre, mais nous ne voulions pas rater cela.

Après les formalités d’usage : trouver un backpacker qui vient nous chercher à l’aéroport, réserver une voiture pour le lendemain et acheter de quoi manger, nous nous posons un peu. Enfin, pas très longtemps car nous voulons nous rendre dans un refuge pour les bébés kangourous (appelés « Joeys ») sauvés d’accidents de voiture dans lesquels leurs mères ont péri. En effet, souvent les Joeys sortent indemnes de ces accidents mais ne peuvent survivre sans aide extérieure.
Si le Joey est suffisamment âgé pour ouvrir les yeux, on peut le sortir de la poche de sa mère, l’enrouler dans un vêtement et le coller contre soi pour le tenir au chaud. Dans chaque ville une personne les recueille puis les place auprès de « mères » de substitution.
Bill, le responsable du refuge que nous visitons nous explique qu’il faut leur trouver une mère, c'est-à-dire une personne qui tiendra le Joey contre elle jusqu’à ce qu’il soit assez âgé pour sortir de sa poche (11 mois). Entre 7 et 11 mois le bébé sort de temps en temps, marche un peu mais aime revenir au chaud dans la poche de sa mère.
Dans la nature la poche est dotée de mamelles pour que le petit tête son lait, mais dans le refuge les bébés vivent dans une taie d’oreiller ! Et on leur donne au biberon un lait sans lactose fabriqué spécialement pour les kangourous.

Au bout de deux semaines de soin le bébé kangourou considère la personne qui le protège comme sa mère. Dès qu’il marchera il la suivra partout. Lorsqu’ils sont adultes la plupart des kangourous sauvés rejoignent la vie sauvage après une période de transition. Mais Bill nous explique que le kangourou est un excellent animal de compagnie, surtout les femelles car les mâles adultes peuvent devenir dangereux.

Nous passons une bonne heure à cajoler les bébés kangourou et à parler avec Bill. Il serait ravi de nous céder un Joey mais malheureusement, nous ne pouvons pas sortir du pays avec.
C’est vraiment dommage car il pourrait probablement s’accommoder du climat breton, ça serait sympa pour tenir compagnie aux lapins dans le jardin des parents (vous n’êtes pas passés loin ;-)



Vendredi 27/01/2006

Nous avons 500 kilomètres à parcourir avant d’atteindre Kings Canyon, un beau canyon en plein cœur du Red Centre. Nous passons une bonne partie de la journée à conduire. La route est droite, bordée d’herbe sèche et de petits arbustes qui poussent sur la terre rouge. Nous croisons peu de véhicules, en doublons encore moins, il fait une chaleur à crever, c’est l’outback australien…

Nous arrivons dans le canyon jaune ocre vers 18 heures : suffisamment tôt pour entreprendre une petite marche et contempler le changement de couleur de la roche qui devient rouge au coucher du soleil. On dirait que la lumière provient de la pierre elle-même, c’est fascinant.

Samedi 28/01/2006

Nous nous réveillons à l’aube pour profiter de la relative fraîcheur du matin (35°C). Nous buvons 5 litres d’eau par jour et par personne. Pourtant nous faisons peu d’efforts physiques et nous avons la climatisation dans la voiture…
Nous sommes dans le camping du Kings Canyon Resort. Les lieux sont quasiment déserts, seuls les oiseaux, les criquets et les lézards fréquentent l’endroit à cette saison. Les mouches aussi sont très présentes. Elles se posent par dizaines sur les épaules, le dos et le visage. Si vous ne les chassez pas elles viennent dans les yeux, la bouche, les narines, elles ne vous lâchent pas ! La bonne nouvelle c’est qu’il n’y a pas de moustiques. D’ailleurs nous n’en avons pas rencontré un seul depuis notre arrivée en Australie :-)

Nous nous engageons à nouveau dans le canyon pour une courte marche à la recherche des perroquets noirs à queue rouge qui nichent dans le coin, et des gros lézards aperçus le matin même autour du camping. Nous revenons bredouille au bout d’une heure et montons en voiture en direction d’Uluru ! (Anciennement appelé « Ayers Rock).

Nous croisons quelques « Road Trains », des camions qui traversent l’outback avec 3, 4, 5 remorques, parfois plus.
Nous arrivons enfin devant Uluru, un monolithe de 9 kilomètres de circonférence et 348 mètres de haut. La roche est imposante, d’un rouge mat qui tranche parfaitement avec le bleu du ciel et le jaune-vert des arbustes et des broussailles rases qui l’entourent. Ce bloc rouge semble posé au milieu d’une énorme plaine. Le désert est plat tout autour, on se demande comment le bloc a fait pour se trouver là, seul au milieu de rien.
Nous en faisons le tour et remarquons les divers aspects de la roche, lisse puis fissurée, puis ondulée…mais toujours aussi rouge.

Si Uluru est simplement un gigantesque et magnifique monolithe pour nous, c’est un lieu sacré pour les aborigènes qui vivent toujours sur ces terres. Les Anangu qui habitent ici depuis plus de 22 000 ans demandent aux touristes de bien vouloir respecter leurs croyances et coutumes selon lesquelles seuls certains initiés peuvent marcher sur Uluru. Nous respectons leur souhait d’autant plus qu’il fait plus de 50°C en plein soleil !

Vers 19h30 le «Sunset Parking » commence à se remplir de touristes venus contempler Uluru s’éclairer au soleil couchant. A mesure que le soleil descend sur l’horizon, la roche brille comme si un feu grandissant avait été allumé à l’intérieur. Le rouge mat du milieu de journée devient alors incandescent avant de s’éteindre peu à peu…c’est magique et on le rallume demain matin : nous serons là ;-)



Dimanche 29/01/2006

Il est 6 heures, nous sommes de nouveau devant Uluru mais du côté « soleil levant » cette fois. Le ciel légèrement nuageux est rose et jaune, le soleil va bientôt se lever et faire briller Uluru de mille feux.
Ça y est, la roche prend progressivement une couleur rouge de plus en plus éclatante, le spectacle commence, il dure seulement quelques minutes. Chuuuut, c’est le moment d’ouvrir les yeux et d’admirer…
C’est déjà terminé, le soleil monte vite dans le ciel, la roche redevient mate, c’est beau tout de même.

Nous remontons en voiture et rejoignons Kata Tjuta à 50 kilomètres de là. Kata Tjuta signifie « les nombreuses têtes » et on comprend pourquoi en le découvrant : c’est un alignement de près de 10 dômes de hauteurs et de diamètres divers. Le plus haut dôme, le mont Olga, fait 546 mètres de haut. C’est très impressionnant, du même rouge qu’Uluru et tout aussi isolé au milieu d’une plaine qui met bien la formation rocheuse en valeur. C’est beaucoup moins célèbre qu’Uluru mais c’est tout aussi somptueux !



Lundi 30/01/2006

Nous sommes arrivés à Cairns hier après quelques heures d’avion. Nous n’avions pas rencontré de moustiques jusqu’à présent en Australie : ils étaient tous ici ! Il faut dire que le climat de Cairns en ce moment est propice à l’invasion : chaud et humide.

Nous sommes au Dreamtime Travellers Rest, un backpacker agréable dont les murs sont recouverts de peintures d’animaux et de fleurs tropicales. Nous sommes à Cairns avant tout pour découvrir la grande barrière de corail qui s’étend sur 2 500 Km au large de la côte Nord Est de l’Australie. Nous réservons une croisière plongées de 3 jours avec Taka Dive (www.takadive.com.au). Le bateau part demain à 18 heures et navigue toute la nuit pour rejoindre Cape Cod au nord de la barrière de Corail. Le Cod Hole est situé dans une zone protégée à l’extrême nord du « Ribbon Reef » N°10 (Ruban de corail). Là-bas, les sites de plongée sont beaucoup moins visités que les sites proches de Cairns, les coraux sont encore intacts et on peut y voir de très gros poissons tels que le « Potato Cod ».

Mardi 31/01/2006

L’équipage du Taka Dive nous accueille sur le bateau spécialement conçu pour les croisières plongées. Seb et moi prenons possession de notre cabine puis nous rejoignons nos collègues de plongée dans le grand salon sur le pont inférieur, juste à côté de l’aire de plongée.
Les 15 autres plongeurs ont tous entre 25 et 35 ans, viennent du Canada, des Etats-Unis, du Brésil, de Nouvelle Zélande, d’Angleterre, d’Afrique du Sud, du Japon, de Hong Kong, de Russie : très cosmopolite ! Chacun a une histoire à raconter, on va bien s’amuser !
Sur les murs, deux grands écrans plats retransmettent les images tournées par deux caméras placées à l’extérieur : une à babord, une à tribord. Nous avons même un accès à Internet à bord mais à un dollar la minute nous allons attendre le retour à la terre ferme ;-)

Mercredi 1/02/2006

Quatre plongées sont prévues aujourd’hui. Le rythme sera soutenu tout au long du voyage. Notre première plongée a lieu dès 7 heures. Nous nous équipons et suivons Yuki dans l’eau, une jeune instructrice d’origine japonaise. La plongée de dérouillage en Nouvelle Zélande a été bénéfique, nous retrouvons nos repères et plongeons sans problème. Nous longeons les coraux blancs, jaunes, marron et bleus autour desquels une multitude de poissons colorés frétille. L’eau est claire et chaude (28°C), les demoiselles, blue devils, anemonefish, angelfish…nous entourent. Nous avons l’impression de plonger dans un aquarium tellement les poissons sont nombreux. Le seul bruit que nous percevons est celui de notre respiration, nous nageons tranquillement quand soudain nous apercevons la silhouette profilée d’un requin qui approche et là, j’entends presque les battements de mon cœur qui s’emballe ;-) Le requin fait un peu plus de deux mètres de long, ondule lentement et nous dépasse. Ouf, ce n’est qu’un requin de récif, un « Whitetip Reef Shark ». Heureusement, je sais que ces requins ne mangent que du poisson, pas les plongeurs ;-)



Enfin, il faut tout de même faire attention car j’apprends en remontant que la plongeuse canadienne s’est légèrement coupé le genou sur un bout de corail et a été suivie par le requin pendant deux à trois minutes…
Lors de la deuxième plongée de la journée, nous apportons un peu de poisson mort pour nourrir un « Cod Potato », un gros poisson gris et noir de plus de 80 kgs. Très gourmand, il s’approche de nous et se laisse caresser. Sa peau est étonnamment lisse et douce, ça fait une drôle d’impression de caresser un poisson ;-)



Après ces deux plongées, Seb et moi sommes bien rodés et nous décidons de plonger seuls tous les deux. L’eau est claire, il est inutile de descendre très profond (15 à 20 m maximum) et il est facile de se repérer. Enfin, nous réussissons tout de même à nous égarer mais ce n’est pas très grave, il suffit de remonter à la surface et de repérer le bateau. Nous ne sommes jamais très loin. Lors de cette plongée nous croisons une fois de plus la route des requins, des « Grey Reef Sharks » cette fois-ci. Il y en a à tous les coins de corail ici !

Le bateau reprend sa route vers le sud, nous laissons quelques archipels sur notre droite, dont les formes arrondies se découpent en contre jour sous le soleil rasant de la fin d’après-midi. Nous nous relaxons sur le pont quand tout à coup nous apercevons un groupe de dauphins qui suit le bateau. Les vagues ont l’air de beaucoup les amuser, ils sautent, font la toupie et retombent en formant une grosse gerbe d’eau au point d’impact.

A 19h30 le soleil est couché. Nous allumons les lumières du bateau, nous munissons de lampes torche et sautons à l’eau pour la quatrième fois de la journée. L’ambiance est totalement différente, beaucoup plus mystérieuse, tout est noir autour de nous en dehors du faisceau de nos lampes. Nous distinguons de gros poissons, une étoile de mer bleue, du corail rouge, une tortue qui remonte à la surface mais pas d’yeux verts à l’horizon (les requins).

Lorsque nous remontons vers le bateau, nous nous retrouvons au milieu de centaines de poissons attirés par les lumières du bateau. Ça saute et vire dans tous les sens, les gros poissons essayant de dévorer les petits.

Nous nous rassemblons tous dans le salon pour partager nos impressions de plongée et pour visionner le film que « Whales », le caméraman sous-marin de l’équipage, a tourné aujourd’hui.

Jeudi 2/02/2006

Le programme d’aujourd’hui est également bien chargé. Nous changeons de site à chaque plongée et enchaînons trois plongées de jour, une plongée de nuit puis la projection du film de la journée. Tout ceci dans une ambiance sympathique et détendue à la fois sous l’eau et sur le bateau. Nous nous régalons de voir des poissons clowns dans leurs anémones, des murènes, les stations de nettoyage où les gros poissons viennent se refaire une beauté, des tortues, des coraux…et évidemment des requins.
Lors de la plongée de nuit nous apercevons cette fois une paire d’yeux vert phosphorescent qui se dirige vers nous ! Un requin ! Contrairement au plongeur Anglais, il ne nous fera pas la frayeur de passer entre nos jambes…

Vendredi 3/02/2006

Nous ne plongeons que deux fois aujourd’hui car le bateau doit rejoindre Cairns en milieu d’après-midi : c’est déjà terminé ! C’était fantastique mais c’est passé tellement vite... Nous n’avons qu’une envie : recommencer !



Samedi 4 et Dimanche 5/02/06 Repos au Dreamtime Travellers Rest qui porte bien son nom :-)