Carnet de Voyage Singapour et Bangkok
Par Jézabel, dimanche 12 mars 2006 à 06:41 :: Carnet Singapour et Bangkok (Fev 06) :: #118 :: rss
Jeudi 9/02/06
Nous atterrissons a Singapour où nous avons prévu de retrouver Gurvan, un ami qui vit ici depuis quatre ans.
Le timing est juste, mais bon : nous arrivons deux semaines avant son retour définitif en France ! L’appartement dans lequel il vit est vaste et clair, situé dans une résidence avec piscine et club de gym, en plein cœur de China Town : sympa !
Les grands immeubles côtoient les anciennes « shophouses » rénovées : l’architecture ancienne et moderne coexiste avec bonheur dans le quartier.
Retour aux sources pour fêter nos retrouvailles, Gurvan nous invite dans un restaurant français. L’estomac plein et ravivés par une bonne bouteille de beaujolais, nous prenons contact avec l’univers festif de la ville en nous promenant le long de Clarke Quay, au bord de la rivière. Les restaurants et cafés se succèdent le long de la petite rue piétonne. Mais Singapour est surtout une ville dédiée au business : les gigantesques buildings de la city sont là pour nous le rappeler.
Vendredi 10/02/06
Notre vol Bangkok-Yangon a été réservé il y a déjà plusieurs mois car l’état birman (junte militaire…) interdit les billets « open » pour visiter son territoire. Nous devons voler le 16 février. Nous souhaitions retarder notre départ d’un mois afin de visiter la Malaisie mais ça s’avère impossible : la compagnie sur laquelle nous sommes sensés voler est difficilement joignable…
Nous atterrirons donc à Yangon le 16 février et consacrons notre matinée à la recherche d’un Visa pour le Myanmar. Les formalités à l’ambassade du Myanmar se passent vite et bien : nous récupèrerons notre visa lundi après-midi.
La population de Singapour est composée de personnes d’origine chinoise à près de 80%, de Malais à plus de 10% et d’indiens à plus de 5%. Comme ces différentes populations ont conservé leur culture et leurs rites religieux, une visite de Singapour vous donne vraiment l’impression d’être au carrefour entre la Chine, l’Inde et la Malaisie. Nous retournons dans Chinatown et déjeunons dans une petite cantine chinoise. Après la Chine, nous posons les pieds en Inde en visitant le Sri Mariamman Temple, le temple Hindou le plus vieux de Singapour, sont la porte d’entrée est surmontée d’une tour entourée de statues très colorées.
Puis nous revenons à Singapour lorsque nous visitons l’Heritage Museum où est relatée la dure vie des premiers immigrants chinois.
En fin de journée nous retrouvons Gurvan qui nous fait découvrir un lieu Singapourien très prisé des locaux : un foodcourt. C’est un rassemblement de restaurants représentant les cuisines des diverses régions de Chine et de Malaisie. Tout le monde y trouve son bonheur et peut se retrouver autour des tables installées dans l’allée centrale, pour déguster son plat préféré. Singapour est trop propre, trop riche et trop moderne pour être représentative de l’Asie mais par sa nourriture nous retrouvons les goûts et les odeurs qui contribuent à son charme.
Après un repas de « Saté Ayam », des brochettes de poulet trempées dans de la sauce cacahuète, Gurvan nous guide à travers les rues de Singapour enluminées de guirlande, de lampions et de décorations rouge et or : nous sommes en pleine célébration du nouvel an chinois. Cette année est l’année du chien et pour qu’elle soit prospère, les chinois, très superstitieux, dépensent beaucoup pour la célébrer. Ils organisent ainsi un feu d’artifice chaque soir pendant quinze jours !
Quoi de mieux pour observer une ville que de prendre de la hauteur…Gurvan nous invite donc au 32è étage de la tour dans laquelle il travaille, d’où nous pouvons contempler Singapour by night, ses monuments illuminés, ses alignements de guirlandes, ses rues éclairées…
Samedi 11/02/06
Nous débutons la journée par une visite du beau temple chinois de Thian Hock Keng. Le temple au toit vert et rouge de forme triangulaire dont les extrémités sont recourbées, est décoré d’un nombre impressionnant de sculptures dorées et colorées dans le plus pur style rococo à la sauce chinoise. J’adore ;-)
Nous découvrons ensuite le « Wet Market » où les chinois achètent les produits nécessaires à leur cuisine : du plus courant au plus exotique. Nous avons ainsi vu des serpents de mer et de grosses grenouilles tués et éviscérés sur place, des têtes de poisson séchées, toutes sortes de viandes, légumes et produits de la mer frais, marinés, séchés…sur la plupart desquels nous serions incapables de mettre un nom.
Après midi nous apprenons que les indiens célèbrent aujourd’hui la fête de Thaipusam. Nous descendons dans le métro ultramoderne et nous rendons dans le quartier de Little India : les femmes portent de beaux saris colorés : bleu, rose, jaune, vert…elles sont magnifiques avec leurs yeux noirs, leurs longs cils et leurs cheveux bruns rassemblés en tresses épaisses. La fête bat son plein, la foule se presse pour voir la procession des dévots qui s’étire sur trois kilomètres en direction du temple. Les participants portent de magnifiques Kavadis (sortes de bannières religieuses circulaires ou de mini temples portatifs) décorés de plumes de paon, d’images de dieux, de petites sculptures…chacun est différent. Ces Kavadis sont littéralement accrochés à leurs dos nus alors que d’autres parties de leur corps (ventre, épaules) sont transpercées de pics de métal. Leurs joues et leur langue sont traversées de part en part par de grosses aiguilles…
Certains ont accroché des citrons verts (portes bonheur) à des hameçons plantés dans leur chair. Les familles entourent les participants, chantent, tapent dans leurs mains, dansent pour les encourager. Les porteurs de Kavadis ont l’air d’être en transe dans cette cacophonie ambiante. Ils se sont purifiés pendant un mois avant la procession car leur cœur doit être pur, et leur acte de dévotion et de pénitence doivent être correctement effectués pour que leur vœu soit exaucé.
C’est une fête impressionnante mais qui met un peu mal à l’aise car on imagine la douleur. Nous terminons la journée sur une note un peu plus légère en nous rendant au « Night safari » de Singapour : un zoo qui ouvre à la tombée de la nuit et dans lequel vous pouvez observer la vie des animaux actifs la nuit : les lions, léopards, hyènes, chouettes sont éveillés ainsi que les girafes, les éléphants etc.
Dimanche 12/02/06
Seb et moi nous baladons en ville puis le soir, Gurvan nous emmène admirer le grandiose feu d’artifice célébrant la fin des festivités du Nouvel An chinois.
Lundi 13/02/06
Après avoir récupéré notre Visa pour le Myanmar nous prenons l’avion pour Bangkok.
Mercredi 15/02/06
Nous sommes dans l’hôtel New Joe qui nous a été recommandé par des voyageurs rencontrés à Sydney. L’endroit est modeste mais relativement propre et sympa : tout à fait le genre d’hôtels que nous recherchons. En plus il est bien situé, à deux pas de Khao San Road, la « Mecque » des routards à Bangkok. Les vendeurs de vêtement se pressent sur les trottoirs, les mini roulottes de « Pat Thaï » (nouilles sautées aux légumes), de fruits frais et de boissons se partagent le bord de la route alors qu’en arrière plan les restaurants en dur, les magasins de musique et les tatoueurs occupent le rez de chaussée des maisons. Ce qu’il reste de trottoir est investi par les coiffeurs de rue qui font des tresses et des dread locks à la chaîne aux jeunes japonais de passage.
Le pavé non utilisé est dédié à la circulation lorsque les piétons ne bouchent pas totalement la rue. Nous sommes donc au milieu d’un joyeux bordel d’où ressortent des bribes de conversation en thaï, anglais, allemand, et beaucoup en français : c’est « colonisé » par nous, les touristes français !
Outre sa localisation, notre hôtel a un autre sérieux atout : la connexion wifi ouverte du restaurant Ranee’s, juste à côté. Grâce à lui notre chambre est équipée d’un accès à Internet gratuit que nous utilisons intensivement.
Nous ne restons que deux jours à Bangkok alors nous décidons d’engager un « Tuc Tuc » afin qu’il nous fasse découvrir la ville. Les « Tuc Tuc » sont de minuscules voitures dont le moteur n’impressionnerait pas une tondeuse. Et le toit est tellement bas que nous devons nous avachir sur le siège pour avoir une vue partielle du paysage. Swan Pong, notre chauffeur, nous explique que le Palais que nous voulons voir est fermé l’après-midi. Il nous propose de nous conduire jusqu’au Luang Pho To, une statue de Buddha de 32 mètres de haut. Nous n’avons pas d’idée arrêtée sur ce que nous voulons voir, nous n’avons même pas de guide de voyage alors nous acceptons sa proposition de circuit.
La statue de Buddha, entièrement dorée est effectivement impressionnante et très belle. Des femmes Thaïlandaises s’agenouillent à ses pieds et font brûler de l’encens.
Swan Pong nous conduit dans un second temple où nous découvrons un Buddha plus petit, puis il insiste pour nous amener chez un tailleur de costumes spécialisé dans l’export en Europe. Nous acceptons plus par curiosité que par réel intérêt et découvrons vite que les costumes soit disant de luxe, style « Hugo Boss » (je cite le vendeur), sont tout à fait communs. Le vendeur nous les propose à 300 $ l’unité et le troisième gratuit. L’expédition en France est possible, tout est prévu, mais ça sent quand même un peu l’arnaque, surtout lorsque le vendeur descend son prix à 100$ lorsque nous lui apprenons que nous ne sommes pas intéressés…
Nous sortons de la boutique sous le regard consterné du vendeur et Swan Pong nous conduit au temple suivant. En chemin il nous demande de bien vouloir lui rendre un service : s’il nous conduit à l’office du tourisme d’état, qui vend des billets de bus et d’avion, le gouvernement lui donnera des bons d’essence. Bon, ça ne nous coûte rien de passer cinq minutes dans l’office…
Là-bas nous sommes accueillis les bras ouverts jusqu’à ce que nous leur apprenions que nous partons au Myanmar le lendemain. En moins de deux minutes nous sommes reconduit à la porte. L’employé de l’office n’a pas l’air content mais Swan Pong a le sourire ;-)
Il nous conduit vers le « Mont Doré » lorsqu’il reçoit un appel de sa femme lui demandant de rentrer à la maison pour s’occuper du bébé. On se doutait un peu qu’une fois ses cadeaux du tailleur reçu et ses bons d’essence empochés, nous ne l’intéresserions plus beaucoup. Il s’excuse de ne pas pouvoir nous attendre et nous reconduire à l’hôtel comme prévu et nous fait un rabais sur la course. Au final nous n’avons payé que 20 bahts cette ballade (50 cents de $). Les Tuc Tuc font des prix cassés aux touristes afin de les balader dans les échoppes ou à l’office du tourisme…c’est comme ça qu’ils gagnent vraiment leur pain, c’est de bonne guerre ;-)
Après la visite du Mont Doré duquel nous avons une vue à 360° sur Bangkok, nous hélons un Tuc Tuc qui fuit littéralement lorsque nous refusons catégoriquement de passer dans des boutiques sur le chemin du retour car nous sommes fatigués. Et par la suite le prix de la course n’est plus du tout le même : 40 bahts pour 10 minutes alors que nous en avions payé la moitié pour plusieurs heures avec Swan Pong.
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