Dimanche 13/08/06
Nous déjeunons chez Valérie et Yannick, qui ont invité également Sabine et Dom, des amis qui vivent sur un bateau. Nous parlons de notre tour du monde et de celui que Dom et Sabine programment de faire à la voile avec leurs deux petites filles. A la fin du repas Yannick sort les cartes IGN et nous concocte un beau parcours parmi les cirques. Nous avons affaire à des habitués de rando et de canyoning : nous sommes entre de bonnes mains. Comme nous sommes arrivés en « savattes deux doigts » (tongue en créole ) et que nous n’avons pas de vêtements chauds, Valérie et Yannick nous équipent de pied en cap pour affronter les rigueurs de l’hiver réunionnais. Côté mer ça va mais dès que vous montez un peu « dans les hauts »…ce n’est pas la même histoire !
En fin d’après-midi nous partons sur St Gilles admirer le coucher de soleil. Dans cette station balnéaire très agréable vous entrez dans le royaume de la glisse où Rip Curl est roi. Nous goûtons les « bouchons », spécialité réunionnaise qui ressemble à des vapeurs chinoises, le tout accompagné de « Ti Punch » : nous nous la jouons très « local » ce soir. Pour le dîner, Valérie nous a mitonné un délicieux rougail saucisse : c’est bon la réunion :-)
Lundi 14/08/06
Yannick nous conduit au supermarché où nous faisons nos courses pour la rando. Il nous donne les derniers conseils et nous conduit au départ du 4X4 qui nous rapprochera du cirque de Mafate et nous évitera une marche fastidieuse sur la rivière des galets. Nous attendons sur le parking quand des jeunes viennent discuter avec nous en créole. Nous étrennons les seuls mots de créole que nous connaissons « Comon il est ? » « le la ». Nous avons également le « totoche ta maman » dans les sacoches mais on va éviter de vexer les garçons avec le « nique ta mère » local ;-)
Puis le balayeur arrive et commence à nous dire que c’est dangereux de monter dans la montagne, qu’il y a des agressions etc. C’est super pour débuter en confiance ça ! Le 4X4 arrive enfin. Nous montons la rivière des galets ballotés dans tous les sens dans cette rivière presque à sec qui se transforme en torrent ravageur pendant la saison des cyclones et le chauffeur nous laisse à « Deux Bras », au début du sentier de randonnée. Nous marchons un moment au bord de la rivière encaissée dans la montagne. Le chemin ne tarde pas à grimper sévèrement. Une heure de grimpette plus tard il est presque 14 heures. Nous avons bien marché, nous sommes assez fiers de nous, nous avons bien mérité un casse croûte. Nous nous félicitons de notre rythme lorsque un créole monte vers nous à vive allure…en claquettes !! Un peu étonnés nous avalons notre sandwich et là deux hommes taillés comme des marathoniens, un mini sac sur le dos, nous dépassent en courant et finissent de nous dégoûter ;-) Nous remballons le tout et reprenons le chemin qui monte à flanc de montagne en haut de laquelle nous sommes récompensés par une vue superbe sur les crêtes qui bordent le cirque de Mafate. Quelques minutes plus tard le petit village isolé d’Aurère se présente à nous. Nous avons encore un peu de temps avant la nuit, nous décidons donc de rejoindre le village suivant « La Plaque ». Nous descendons vers le joli hameau fleuri d’ « île à Malheur » et remontons vers notre point d’arrivée (les surfaces planes n’existent pas ici). Nous frappons à la porte du camping « l’arbre du voyageur » où nous nous faisons mettre à la porte par le propriétaire énervé que nous n’ayions pas effectué de réservation. Il reste plein d’emplacements inoccupés mais il n’y a rien à faire : le propriétaire nous explique qu’il ne fait que de la demi pension et que sans repas réservé nous pouvons oublier le camping chez lui ! Dans sa grande bonté il nous recommande de rebrousser chemin et de retourners tenter notre chance à Aurère pour nous loger… Sur cette sympathique entrevue, nous reprenons notre route. Mais pas question de rebrousser chemin. Il est déjà plus de 17H. La nuit sera là avant « Bourses », notre prochaine étape. Nous espérons trouver avant le crépuscule un endroit pour bivouaquer. Nous descendons dans une ravine. Il n’y a pas de terrain de bivouac à l’horizon et nous ne pouvons tout de même pas planter la tente à flanc de falaise ! Le soleil s’est déjà couché, il est temps de monter en vitesse sur l’autre versant avant de devoir sortir la lampe frontale. Je n’ai jamais grimpé aussi vite car je ne veux surtout pas tatonner près d’un ravin en pleine nuit. Arrivés en haut, nos vœux sont exaucés : nous découvrons un sympathique endroit de bivouac niché sous des grands pins. Nous posons le camp pour la nuit et montons la tente dans la pénombre. Nous nous rendons alors compte que nous avons oublié de prendre de l’eau dans la rivière de la ravine. Il nous reste tout de même de quoi chauffer une soupe et cuire les pâtes dedans. Nous faisons donc du « deux en un ». Pas très raffiné mais nourrissant ;-)
Mardi 15/08/06
La nuit s’est bien passée si l’on fait abstraction des musareignes qui se sont attaquées à la poubelle que nous avons dû hisser dans un arbre au milieu de la nuit. Nous sommes debout avant l’aube, replions la tente et prenons la direction du village de « Bourses » où nous espérons trouver du pain pour le petit déjeuner. L’épicerie est toujours fermée à cette heure matinale mais nous sommes récompensés par le panorama somptueux qu’offre une crête en forme de dent surplombant un ravin.
Nous détournons un tuyau d’arrosage pour remplir notre bouteille d’eau et nous faisons chauffer un thé et un café que nous accompagnons d’une barre de céréale. Nous trouverons peut être du pain à « Grand Place », notre prochaine étape. En effet, la boulangerie est ouverte mais le boulanger n’allume pas son four tous les jours et nous vend du pain congelé ! Qu’à cela ne tienne, nous ficelons les baguettes en haut du sac à dos, juste au dessus des tapis de sol, et les laissons tranquillement se dégeler au soleil tandis que nous prenons un peu d’avance sur notre programme de la journée au sein du cirque de Mafate. Arrivés au lieu dit « Cayenne », petit hameau verdoyant et fleuri, bonne nouvelle : le petit déjeuner est prêt ;-) Mauvaise nouvelle : le sentier jusqu’à « Roche Plate » est fermé, nous devons faire un grand tour en passant par « Les orangers ». Après la pause nous descendons dans la ravine sur laquelle une passerelle a été suspendue et nous remontons de l’autre côté. Le soleil tape fort et les arbres sont trop rares pour nous faire de l’ombre. Je profite de fuites d’eau dans les canalisations pour me rafraîchir. A mi-chemin une rivière encaissée dans la roche nous tend les bras. Nous nous immergeons avec grand plaisir pour refroidir le moteur et profitons de ce petit coin de fraîcheur pour déjeuner.
Nous n’atteignons pas « Roche Plate » avant 18 heures. La marche a été très longue et nous sommes juste à temps pour planter la tente avant que la nuit ne tombe tout à fait.
Mercredi 16/08/06
Il a fait froid cette nuit. Aux aurores, nous replions la tente, faisons chauffer de l’eau pour un thé et un café que nous accompagnons de barres de céréale, et c’est reparti ! Nous grimpons entre les rochers, entourés du gigantesque cercle de falaises qui forme les parois du cirque. Le sentier est peu emprunté, nous ne croisons que trois autres randonneurs dans la matinée, ce qui nous laisse le loisir d’écouter le chant des oiseaux, le murmure des cours d’eau et notre respiration. Les mollets sont durs depuis le temps qu’on marche. Les chemins descendent aussi sec qu’ils ne montent : pas de répit pour le petit randonneur !
Nous descendons le lit d’un cours d’eau et arrivons sur une esplanade rocheuse sur laquelle se répand une rivière (la ravine des chevaquines). C’est une aire de pique nique très prisée et accessible aisément par d’autres sentiers car nous y retrouvons des familles, des randonneurs qui font dorer leurs cuisses au soleil et des enfants qui barbotent.
L’endroit nous semble propice pour une halte, nous montons le camping gaz et faisons cuire nos pâtes avec l’eau du ruisseau.
Après le déjeuner, une grosse montée parmi les éboulis de roches nous attend. Quelques fleurs de montagne survivent entre deux cailloux mais à part cela le sol est aride. Encore un petit effort et nous arrivons à Marla où nous plantons la tente.
Jeudi 17/08/06
Hier nous étions tellement fatigués que nous nous sommes endormis dès la tombée de la nuit (18H). Vers 3 heures du matin nous nous retournions sans cesse dans nos sacs de couchage car nous avions terminé notre nuit et qu’il faisait un froid de canard ! -2°C dehors et du givre sur la tente…pas très agréable.
A 7h30 nous sommes sur le pied de guerre, ou plutôt sur le « sentier du col du Taibit ». Cette étape au nom un peu étrange nous a été tellement décrite comme difficile que nous appréhendons un peu.
Il fait beau, les oiseaux pépient et des marches ont été construites au début du sentier. Ça monte raide mais ces aménagements facilitent grandement l’ascension. Nous avançons à notre rythme en profitant du paysage qui s’agrandit à mesure que nous montons, nous marquons quelques pauses et 2 heures plus tard nous sommes en haut. Ce n’était pas si difficile que nous le craignions finalement.
Au sommet nous découvrons le cirque de Cilaos, la ville de Cilaos au fond et par endroits, bien au-delà des remparts du cirque : la mer ! Le cirque de Cilaos ne ressemble en rien à Mafate car, outre le fait qu’il soit bien plus humide, ce cirque n’est absolument pas enclavé comme Mafate car il est connecté au reste de l’île par une route.
Nous profitons pleinement de la vue et du soleil qui vient nous réchauffer et nous discutons avec deux garçons qui viennent eux aussi de monter le sentier du col du Taibit. Puis nous entamons la descente au milieu de la forêt qui sent bon la résine de pins. Nous préparons le déjeuner dans une mini clairière pendant que nous étalons la tente et les sacs de couchage au soleil pour les faire sécher.
Une fois de plus nous nous contentons du menu gastronomique « pâtes au pâté » et nous réjouissons d’avance du ravitaillement que nous allons pouvoir faire à Cilaos.
La fin du sentier marque le retour à la civilisation. Une belle route goudronnée mène tout droit à Cilaos. Nous montons dans un bus car l’accès, déjà étroit pour laisser passer deux voitures, est dangereux pour les piétons. Nous sommes à l’intérieur du cirque, nous tournons la tête en tous sens pour admirer notre nouvel environnement vert ; grandiose et circulaire.
A Cilaos nous rendons visite à la maison de la montagne où une dame charmante prend notre réservation pour une nuit dans le gîte du Piton des neiges où nous montons demain. Elle nous avoue qu’elle est heureuse de voir des touristes métropolitains car cette année, suite au problème de Chikoungouya, le tourisme est en berne à la Réunion…Pourtant nous sommes en hiver maintenant et les moustiques ne sortent pas !
Elle nous indique un endroit sympathique où le bivouac est autorisé. Nous y retrouvons une famille de réunionais et y plantons la tente.
Vendredi 18/08/06
Notre objectif pour aujourd’hui est d’atteindre le gite de la « Caverne du Four » situé à 2 480 mètres d’altitude. Notre point de départ culmine à 1 300 mètres : autant dire que ça va monter ! Presque toute l’ascension s’effectue à l’ombre de la végétation. Lorsqu’elle se clairsème légèrement nous apercevons le village de Cilaos qui devient de plus en plus petit au fond du cirque. L’environnement est beaucoup plus humide et boisé qu’à Mafate. Le gros atout de Mafate c’est son isolement. Aucune voiture ne peut y entrer et les quelques îlets de 6 ou 7 maisons disséminés ici ou là sont ravitaillés par hélicoptère. Comme les lieux sont plus difficile d’accès on y voit moins de monde, forcément. Bon, ce n’est pas la foule ici non plus pour l’instant…
A midi, heureux d’avoir atteint le sommet, nous déballons le saucisson et la baguette pour un pique-nique bien mérité ! Les nuages ont recouvert Cilaos mais comme nous sommes au dessus de la masse nuageuse le ciel est bleu. Pour la vue panoramique sur les cirques de Cilaos et de salazie à côté il faudra repasser…mais pour la petite sieste digestive sur l’herbe : c’est maintenant !
Après la sieste, comme nous n’avons rien à faire, nous décidons de monter voir le coucher du soleil au piton des neiges. Il faut se frayer un chemin parmi les pierres volcaniques. Heureusement que le sentier a été signalé par des points de peinture blanche sur les roches sinon l’orientation serait impossible. La montée jusqu’au sommet (3 071 m) n’est pas facile. Ça nous prend 1h30 mais ça vaut le coup. Nous sommes seuls tous les deux pour assister à la descente du soleil car tout le monde vient pour le lever du jour : pourquoi ??? Le ciel est parsemé de nuages mais on aperçoit le sommet du piton de la fournaise à l’autre bout de l’île, la ville de Cilaos en contrebas et un bout de mer au loin. Les cirques de Mafate et de Salazie sont sous un couvercle de nuages cotonneux d’un blanc éclatant qui vire au rose à mesure que le soleil descend. C’est somptueux. Puis l’astre rouge descend sous les nuages et il commence à faire froid. Il est temps de rentrer. Nous descendons dans la pénombre puis terminons à la lueur de nos lampes frontales pour rejoindre le gîte où presque tout le monde est déjà parti se coucher bien qu’il ne soit que 20 heures…
Samedi 19/08/06
3h45 du matin, le réveil sonne, il est temps de nous préparer à monter vers le Piton des neiges si nous voulons être à l’heure pour le lever du soleil. Une heure plus tard nous tentons de repérer les tâches de peinture blanche sur les pierres qui marquent le chemin comme les cailloux blancs du petit poucet. Les roches volcaniques sont irrégulières et instables. Il faut faire attention à l’endroit où nous posons les pieds pour ne pas nous faire une entorse.
Nous traversons un nuage glacé, le laissons derrière nous et contemplons la lune et les étoiles. Nous grimpons encore. A 6 heures les bords des nuages rougissent. On voit encore la lune et les étoiles, c’est le plus beau moment. Nous atteignons enfin le sommet où le vent glacé tente de s’infilter dans les multiples couches de vêtement superposés qui nous recouvrent. Puis le premier rayon de soleil transperce les nuages, le soleil monte peu à peu et vient nous réchauffer enfin…mais le vent reste glacial, nous ne tardons pas à redesendre au gîte où nous prenons un petit déjeuner avant de partir en direction du petit village de Hell Bourg dans le Cirque de Salazie.
Le sentier qui y mène est rocailleux, difficile et long. Salazie est le cirque le plus humide de la Réunion. La végétation est dense de part et d’autre du sentier mais le chemin est raviné et glissant. La longue route est pénible et les sacs à dos nous ôtent l’agilité nécessaire pour nous frayer un chemin aisément parmi les roches, sans compter qu’ils pèsent sur les genoux qui commencent à souffrir. Nous passons des 3 071 m du Piton des neiges aux 1 000 m de Hell Bourg en moins de cinq heures. A mesure que nous descendons, la pente se fait moins raide, il y a plus de terre et de racines sur le sentier mais il devient très glissant. Cette randonnée devient infernale, j’ai mal partout et j’en ai assez de marcher avec mes pieds et mes genoux douloureux. Nous marchons presque sans discontinuer depuis 4H30 ce matin, il est 16H, j’en ai raz le bol et je décide alors que demain c’est « repos complet » pour moi et nous convenons avec Seb que ce soir on dort dans un vrai lit ! Arrivés à Hell Bourg, Seb, qui visiblement est moins cassé que moi malgré le sac bien plus lourd qu’il transporte, se met en quête d’un hôtel pendant que je garde les sacs ;-)
Seb trouve un super hôtel, le « Relais des cimes » dans lequel un vrai lit nous attend ainsi que de l’eau chaude et une baignoire !! Le bonheur c’est tout simple finalement :-)
Lundi 21/08/06
Les courbatures se sont envolées et les cloques se sont atténuées. Nous décidons de nous « attaquer » à l’ascension du Piton d’Anchaing qui culmine à 1 356 m. Hell Bourg étant déjà à 1 000 m, nous pensons que ce sera une petite promenade de santé. Mais c’est sans compter sur le fait que la surface plane n’existe pour ainsi dire pas dans un cirque. Ça monte ou ça descend, il n’y a pas le choix. Et c’est également sans compter sur le fait que nous ratons un embranchement au retour et que nous nous égarons !
A un moment nous nous faisons la réflexion que nous ne reconnaissons pas l’endroit…mais depuis quand ? Bonne question. Allez, tous les chemins mènent à Rome, nous continuons à descendre car ça nous ennuie de remonter. Mais en bout de course nous débouchons sur une carrière ! Seb s’enquiert auprès de l’ouvrier de la route à prendre pour rejoindre Hell Bourg et l’ouvrier lui montre une route goudronnée qui, selon lui, nous mènera au village en 2 heures de marche (mais après coup nous nous apercevrons qu’il faut plutôt compter cinq heures de marche d’un bon pas !).
Nous rejoignons la route et commençons à marcher mais les voitures nous frôlent de près alors nous décidons de lever le pouce au cas où une bonne âme passerait. Et ça ne tarde pas : une femme accompagnée de sa mère et de son fils nous accueille dans sa Clio. Ving minutes plus tard (oui, nous étions bien perdus…) elles nous déposent dans le bourg de Salazie. Nous ne sommes plus qu’à 7 kilomètres de Hell Bourg, ça devrait aller. Mais il commence à pleuvoir ! Une fois de plus nous levons le pouce et une fois de plus une voiture s’arrête. Ils sont sympas les réunionnais ;-) Cette fois-ci c’est un militaire qui se rend à la base d’Hell Bourg qui nous demande de monter vite car il n’a pas le droit de conduire des civils. Il redémarre en trombe, double dans les virages, écrase la pédale et nous dépose à l’entrée de Hell Bourg où nous le remercions chalereusement, soulagés de descendre !
17 heures, nous sommes de retour à bon port après avoir sillonné le cirque en long, en large et en travers…
Mardi 22/08/06
Quatre connexions de bus plus tard, nous voici dans un gîte à la jonction de la route St Benoit/St Pierre et la route du volcan de la Fournaise que visiterons demain.
Mercredi 23/08/06
Nous sommes au Piton de la Fournaise, perdus dans un nuage froid qui nous empêche de voir quoi que ce soit. Nous attendons une éclaircie dans le café qui se situe au départ du sentier qui contourne le cratère. Nous buvons café après café, chocolat après chocolat…aucun rayon de soleil à l’horizon. Les quelques téméraires qui tentent une incursion dehors reviennent 20 minutes plus tard trempés et grelottants, n’ayant rien vu de plus que sur le pas de la porte, c'est-à-dire un brouillard blanc épais. A 11 heures, un couple de grenoblois avec qui nous discutions jette l’éponge et nous propose de nous reconduire à Saint Paul. Nous profitons de l’offre et nous faisons déposer à Saint Paul. Il ne nous reste plus qu’à monter jusqu’à Plateau-cailloux à pied. Malheureusement rien n’est prévu pour les piétons, nous traversons à toute vitesse une quatre voies où les voitures roulent au pas et débouchons sur la route étroite et sinueuse qui mène à Plateau-cailloux. Nous marchons sur l’herbe en bordure de bitume, les voitures nous frôlent, ce n’est pas très agréable…avant même que nous n’ayions eu l’idée de lever le pouce, une jeune femme baisse la vitre de sa voiture et nous propose de nous conduire à destination ! Nous sommes maintenant dans Plateau-cailloux, il ne nous reste plus qu’à retrouver la maison de Yannick et Valérie. Nous avons l’adresse en poche mais ne sommes plus très sûrs de la direction à prendre. La jeune conductrice sympathique cherche l’école où elle sera institutrice remplaçante pendant quelques jours. Nous lui disons au revoir et commençons à nous renseigner auprès des passants sur la route à suivre. Il faut passer devant la gendarmerie, jusque là c’est clair. Nous procédons étape par étape et arrivés là-bas nous interpellons deux gendarmes qui se garent devant le bâtiment et leur demandons notre route. Et là, une fois de plus, les réunionais nous épatent car les deux képis nous proposent tout simplement de monter et nous conduisent !!! C’est donc, encadrés par deux gendarmes que nous retrouvons la maison de nos amis…Heureusement qu’ils ne nous ont pas vus revenir en si belle compagnie, ça leur aurait probablement fait un choc ;-)
Jeudi 24/08/06
Cet après-midi Yannick nous emmène plonger sur le site des « roches merveilleuses », au large de Boucan Canot. ». Un vieux de la vieille nous accompagne sur le bateau. Il « se la joue » un peu car il s’apprête à faire une plongée à 50 mètres avec un collègue. Il nous explique qu’il plonge depuis 1960 et qu «il va falloir nous entraîner encore un peu pour pouvoir le suivre en profondes ». Il s’équipe, se met dos à l’eau, s’apprête à faire une bascule arrière quand il saisit son manomètre croyant attraper son détendeur et l’approche de son visage, prêt à le mettre en bouche ! Aïe aïe aïe, ça casse tout son effet ça, nous nous marrons comme des baleines, « hé papy, avec le détendeur tu respireras plus facilement ! » ;-)
A notre tour de nous équiper. « Les roches merveilleuses » est un nom poétique à mesure de ce que l’on trouve sous l’eau. Cinq minutes à peine après le début de la plongée nous croisons une tortue puis une cohorte de poissons tropicaux. L’eau est claire, le sable disposé en vaguelettes jaunes et grises tapisse le fond, nous entendons presque la musique du Grand Bleu en toile de fond ;-)
Samedi 26/08/06
Nous plongeons avec Valérie cette fois, sur le site « les aigrettes où nous observons des poissons perroquet, des poissons trompette et des gorgones géantes. Jérôme, notre moniteur de plongée pour la journée nous incite à passer le niveau 2…peut être en Bretagne s’il fait beau ?
Le soir nous jouons au Karom, un jeu d’origine indienne à mi chemin entre les dames, le billard et les billes. Nous nous prenons tellement au jeu que nous en oublions l’heure…
Dimanche 27/08/06
Valérie et Yannick nous emmènent voir une cascade qui se jette dans une piscine naturelle à quelques minutes de chez eux. Après quelques hésitations dues à la température de l’eau nous nous jetons tous dans le bain et grimpons sous le jet de la cascade.
Puis, afin de célébrer la dernière soirée de notre tour du monde, nous admirons le coucher du soleil sur la plage de Boucan Canot.
Lundi 28/08/06
Vol Saint Denis/Orly, retour à la case départ…notre copain Tony nous accueille à l’aérport, premières retrouvailles d’une longue série à Paris puis en Bretagne où nous nous dirigeons dès le lendemain.