samedi 21 janvier 2006
Carnet de voyage Nouvelle Zelande
Par Jézabel, samedi 21 janvier 2006 à 01:00 :: Carnet Nouvelle Zélande (Dec 05)
Lundi 5/12/2005
Auckland, Nouvelle Zélande, 6h30 heure locale.
Après seulement 15 heures de vol nous avons perdu un jour entier avec le jeu des décalages horaires. Nous passons la douane où nous déclarons que nous n’avons ni fruit, ni produit laitier, ni bois, ni tente avec nous puis nous montrons les semelles de nos chaussures au douanier qui souhaite vérifier si nous ne transportons pas illégalement un peu de terre argentine ou chilienne…les règles de sécurité biologique sont très strictes ici, mais nous évitons d’en rigoler devant le douanier.
Nous avons changé de continent très rapidement et nous débarquons à Auckland un peu déboussolés. Par chance, le bureau d’information touristique de l’aéroport très compétent nous trouve un hostel bon marché et organise notre transfert en quelques minutes. Aux présentoirs bien garnis de cartes et de mini guides gratuits nous remarquons que tout est fait pour faciliter la vie des touristes ici.
Dix minutes à peine après avoir investi les lieux dans notre Kiwi Hostel sur Queens Street, la chambre est déjà sens dessus dessous et nous sommes prêts à découvrir la ville.
Nous descendons Queens Street, la rue principale et remarquons la tête fatiguée de jeunes amassés devant une billetterie qui ouvrira dans quelques heures. Ils ont passé la nuit sur le trottoir dans des sacs de couchage ou sur de vieux fauteuils dans l’espoir d’obtenir des billets pour le prochain concert de U2. Ils ont organisé un barbecue et l’un d’eux nous offre un sandwich…bon, on a l’air aussi fatigués qu’eux alors !
Il est encore tôt. Les habitants sont tout juste sur le chemin du bureau et s’arrêtent acheter leur café qu’ils emportent dans de grands gobelets en carton, fermés par une capsule en plastique.
Nous nous arrêtons dans une librairie afin d’acheter notre guide de voyage sur la Nouvelle Zélande. Il va falloir songer à nous débarrasser de notre Lonely Planet sur l’Amérique du Sud maintenant, il pèse son poids !
Après ces emplettes, nous marquons nous aussi un arrêt aux stands dans l’un des nombreux Starbuck café que nous croisons. Un café et un chocolat plus tard nous continuons le long de Queens Street bordée de magasins décorés pour les fêtes de Noël et dépassons les hauts buildings pour arriver sur les quais.
Mardi 6/12/2005
Nous nous rendons au musée d’Auckland où des objets des îles du Pacifique sont présentés : Samoa, Nouvelle Guinée, îles Cook, Nouvelle Zélande …nous découvrons leurs armes, leurs habits et leurs ustensiles quotidiens. Mais le clou de la journée reste les danses et les chants exécutés par une troupe de Maoris dont certains arborent sur le visage les reproductions des tatouages traditionnels.
Les danses et chants sont très beaux, les artistes effectuent également quelques jeux traditionnels avec des lancers coordonnés de bâtons de bois, toujours en chanson. Puis, pour le bonheur de tous, ils finissent par un Haka, la danse et le « chant » traditionnels des guerriers Maoris avant la bataille, bien connu des passionnés de Rugby à travers le monde.
Mercredi 7/12/2005
Quel véhicule allons nous utiliser pour visiter la Nouvelle Zélande ? C’est la question que nous nous sommes posée aujourd’hui. Pour de longs séjours, l’achat d’un mini van aménagé est assez répandu. Nous nous rendons donc dans un « Backpackers car market » où les voyageurs achètent et revendent leurs vans (le but étant bien sûr de les revendre quasiment au prix d’achat…).
Mais nous sommes vite déçus par l’état général délabré de la plupart des véhicules. Il n’est pas besoin d’être mécanicien pour se rendre compte que le van baba cool recouvert de peau de chèvre, dont le compteur affiche plus de 250 000 kilomètres, et qui date de 1979 ( !) ne demande qu’à nous claquer entre les doigts.
Pourtant, ces épaves sont vendues entre 3 000 et 5 000 Dollars NZ, c'est-à-dire entre 2 000 et 3 000 …ça fait cher la poubelle !!
Nous nous renseignons donc sur la deuxième option : la location de camping car. Mais là les prix affichés commencent à 140 $NZ ou plus de 85 € par jour !
Heureusement, alors que nous commencions à désespérer, Seb rencontre une dame qui lui vante les mérites des « Spaceships », de grandes voitures style « Espace » dont l’intérieur est aménagé très astucieusement pour cuisiner, manger, stocker et dormir. Grâce à un système de rajout d’espace sous forme d’une extension qui sort du coffre, recouverte d’une toile de tente clipsée grâce à des pressions, même un grand Kiwi d’1m90 (nom que les néo zélandais se donnent) dort à l’aise ! Il y a même un lecteur de DVD : le grand luxe ! Comme la journée de location coûte la moitié du prix d’un camping car, on dit « banco » ! Nous allons voyager en « Spaceship » !
Jeudi 8/12/2005
Nous sommes au volant de notre voiture de l’espace, prêts à nous lancer à l’assaut du pays des Kiwis. Nous longeons la baie d’Auckland jusqu’à la jolie plage de Mission Bay. Sur la route nous dépassons une marina où sont amarrés une centaine de magnifiques Yachts. La route « Kakadu Drive » qui longe la baie est bordée d’appartements et de restaurants. Et nous ne sommes qu’à dix minutes du centre d’affaires ! ça a l’air très sympa de vivre ici…
Nous croisons d’ailleurs beaucoup d’aucklandais qui font leur footing en poussant la poussette 4X4 de bébé ou qui se baignent après le boulot. Quelle douceur de vivre pour une ville de 1,5 million d’habitants !
Nous reprenons la route pour le Mont Eden, un des 48 volcans de la région d’Auckland. De ce promontoire nous voyons non seulement le cratère du volcan inactif recouvert d’herbe fraîche mais nous bénéficions aussi d’un fameux panorama sur la ville et la baie.
Alors que Seb est affairé à prendre des photos, j’entends des cris derrière nous. Un demi tour rapide me permet d’entrevoir un touriste bedonnant tentant de courser un pickpocket sur la pente extérieure du volcan, qui mène aux habitations. Chaussures de ville et gros bide contre baskets et mollets athlétiques, la course est inégale. Le touriste ne tarde pas à remonter, tout rouge, suant et haletant…mais bredouille. Le portefeuille s’est fait la malle…
Après cet avertissement, Seb continue ses prises de vues alors que je surveille attentivement tous les porteurs de basket.
Nous reconnaissons Sky Tower, la tour la plus haute de l’hémisphère Sud (328m) et « Harbour Bridge » qui mène vers le Nord. Un planisphère indique la distance qui sépare ce point des autres capitales mondiales. Paris est la ville la plus lointaine avec 18 550 KM ! Nous sommes loin, très loin de la maison …
Mais nous allons encore creuser l’écart en nous perdant dans les terres néo zélandaises dès ce soir. Nous prenons la direction du Nord, admirons Auckland depuis Harbour Bridge qui enjambe Little Shoal Bay et lui disons au revoir.
A peine une heure plus tard, nous sommes devant la grande et belle baie de Waiwera d’où la mer s’est retirée sur plus de 500 mètres. Nous descendons de voiture et marchons vers l’eau pour goûter sa température : juste ce qu’il faut pour se baigner. Mais il est déjà un peu tard, il est temps de chercher un endroit où poser le camp pour la nuit. Après une recherche non fructueuse sur des chemins de terre qui coupent des collines vertes investies par les moutons, nous trouvons par hasard un des campings semi gratuits (les lève tôt ont leurs combines…) gérés par les parcs nationaux. Ces sites sont souvent localisés dans des endroits bien isolés, peu fréquentés et magnifiques. Celui-ci ne déroge pas à la règle car nous le dénichons tout au bout d’un petit chemin face à une baie ouverte sur le Pacifique, bordée d’une plage de sable blanc. Et nous sommes peu à nous partager ce bijou naturel : deux camping cars, une voiture et trois bateaux qui ont jeté l’ancre.
Nous dormons donc paisiblement à l’arrière de notre Toyota Lucinda qui nous fait découvrir les merveilles de la Nouvelle Zélande.
Vendredi 9/12/2005
Il est 6h30, le jour s’est levé depuis un moment et je décide de faire de même. J’empoche une pomme, mon petit carnet et me glisse sans faire de bruit hors de la voiture. Je m’installe sur la branche basse d’un gros arbre qui fait face à la mer. Tout le monde dort, il n’y a pas un bruit et je croque tranquillement dans ma pomme devant les yeux intéressés d’une famille de canards qui s’est rassemblée à mes pieds. Je vois quelques lapins qui bondissent dans les champs alentours et profite de ce moment de calme où la plage m’appartient.
Puis les voisins s’éveillent et sortent de leurs campements avec des têtes de poussins sortis trop tôt du nid. Alors que les jeunes qui ont dormi dans leur voiture goûtent à l’eau de mer, les vieux du camping-car d’à côté s’activent déjà sur leurs tapis de gym.
Nous partons pour Whangarei mais faisons un crochet par Waipu Cove vers midi pour déjeuner. La plage et les petits rochers où nous trouvons de l’ombre sont tellement agréables que nous n’en décollons pas avant le milieu d’après-midi.
Samedi 10/12/2005
Nous sommes à Russel, à environ une heure de route au nord de Whangarei. Russel est un petit port sur une péninsule qui donne sur la baie of Islands, qui comporte environ 150 îles. Nous y regardons les speed boats qui transportent les touristes en quête de sensations fortes à près de 50 nœuds puis reprenons notre « voiture camping » que nous garons le long de Long Beach, une belle plage de sable blanc depuis laquelle nous apercevons les îles recouvertes de palmiers.
Il fait beau, nous goûtons un peu l’eau puis partons vers Tapeka Point à quelques kilomètres de là. Encore une jolie petite crique. Mais le vent s’est levé et les nuages arrivent. Le climat est changeant ici et les nuages sont bien présents. Ce n’est pas étonnant que « Aotearoa », le mot Maori pour désigner l’île signifie « l’île au long nuage blanc »…
Dimanche 11/12/2005
Les polynésiens sont arrivés en Nouvelle Zélande sur des canoës pendant la large migration du début du 14è siècle. Ils suivaient ainsi leur ancêtre « Kupe » qui était arrivé ici quatre siècles plus tôt et avait baptisé le pays « Aotearoa », le pays au long nuage blanc.
Son nom actuel vient de l’explorateur hollandais Abel Tasman qui atteint « Nieuw Zeeland » en 1642. En 1769, l’arrivée du navigateur britannique Capitaine James Cook a marqué le point de départ de la l’installation des européens. Après 1790, les européens ont installés des stations baleinières mais ce n’est pas avant 1840 que le traité de Waitangi a confirmé la Nouvelle Zélande dans sa position de colonie britannique, mettant les Maoris sous la protection de la couronne. La Nouvelle Zélande est devenue une nation indépendante en 1947 en tant que membre du British Commonwealth.
Aujourd’hui nous visitons le « Waitangi Treaty Grounds », le lieu de naissance de la Nouvelle Zélande par la signature du traité de Waitangi le 6 février 1840. Cet accord entre la couronne britannique et les chefs Maoris est toujours d’actualité aujourd’hui car il garantit les droits des citoyens Maoris et non maoris au sein d’Aotearoa.
Ce lieu hautement symbolique est le site de commémorations annuelles et abrite un canoë de guerre de 35 mètres de long appelé NgatokiMatawhaorua qui ne nécessite pas moins de 76 rameurs pour le manœuvrer. Les flancs de cette embarcation impressionnante sont entièrement sculptés ce qui en fait une pièce magnifique.
Dans le grand parc qui entoure le lieu de signature du traité, un autre chef d’œuvre Maori est installé. Il s’agit d’une maison communale typique ou Te Whare Runanga dont toutes les poutres intérieures sont sculptées et représentent les ancêtres des nombreuses tribus. Tous tirent la langue et grimacent, exactement comme les danseurs lors du Haka. Des panneaux en joncs de roseaux finissent le tableau en respectant les couleurs ocres et jaunes bien chaudes.
Lundi 12/12/2005
Nous sommes sur la péninsule Nord de l’île du Nord. Nous marchons sur Waipapakauri Beach, le point de départ de Ninety Miles Beach, une plage de sable noir immensément longue. Bien sûr notre regard ne porte pas aussi loin que le bout de la plage.
Malgré ce sable fin qui longe la mer Tasmane, personne ne pose sa serviette et son parasol. Il faut dire qu’il y a beaucoup de vent…et que l’endroit est complètement perdu au milieu de nulle part. Avec ce sable bien tassé sur 90 miles et ce vent, ce serait le paradis des chars à voile !
Après la côte ouest nous nous rendons sur la côte est, à Wairakia Point. Le vent est toujours aussi fort et nous rions de voir les mouettes qui se positionnent bout au vent. Elles sont toutes dans le même sens, le bec dans la direction du vent : de vraies girouettes plantées dans le sable blanc.
Nous avons traversé la forêt tropicale du Northland Forest Park pendant la première moitié de la journée, nous avons visité les plages ensuite, nous coupons maintenant d’immenses prairies vallonnées où des centaines de moutons et de vaches pâturent, indifférentes aux rares voitures qui passent : nous découvrons la diversité de la Nouvelle Zélande !
Seb arrête la voiture tous les 500 mètres sur le bas côté pour photographier un lac par-ci, un flanc de colline rouge par-là, ou pour faire un plan d’ensemble du panorama dont toutes les teintes de vert sont représentées.
Nous apercevons « la dernière station essence avant l’Australie » et le « Pub le plus au Nord de la Nouvelle Zélande »… Nous sommes sur les derniers arpents de terre ferme avant l’Australie !
Nous arrivons enfin au Cape Reigna. Nous marchons jusqu’aux pieds du phare et observons le Pacifique et la Mer Tasmane qui se rejoignent en ce point et qui se jettent sur la falaise.
Le soir venu nous dressons le camp devant la baie de Tapotupotu où nous avons déniché un camping quasi désert géré par les parcs nationaux.
Nous sortons les gamelles, nous nous concoctons un bon repas (une soupe minute et des pâtes à la sauce tomate) puis montons l’extension sur le coffre de la voiture pour préparer le lit.
A peine installés, nous apercevons un, deux puis cinq moustiques. La chasse commence. Nous les écrasons avec nos livres contre le plafond (« Le livre », une arme très efficace contre « Le Moustique »…).
Mais à peine avons-nous exterminé ces premiers moustiques que d’autres arrivent ! L’extension n’est pas étanche ! Il va falloir installer la moustiquaire demain…ou adopter un geiko affamé.
Mercredi 14/12/2005
Nous sommes à Tutukaka, au sud de la Bay of Islands. Nous grimpons sur le pont de la Calypso, un bateau de la compagnie Dive ! qui nous conduira aux îles Poor Knights à 24 kilomètres au large. Nous discutons avec Sandrine et Nicolas, deux français sympas rencontrés la veille au camping.
Nous avons décidé de plonger dans cette réserve marine car le site des Poor Knights Islands est considéré comme un des dix plus beaux sites de plongée au monde ! Nous ne pouvions pas rater cela…
Après le speech du moniteur de plongée à la mode néo zélandaise, c'est-à-dire très décontracté, le bateau quitte le port. La mer est houleuse ce qui a l’air de follement amuser le capitaine qui met les gaz à fond et tente des surf. Nous sommes secoués dans tous les sens, le bateau monte les vagues puis la coque tape violemment contre l’eau à la descente, ça promet d’être une plongée « Rock’n Roll »…
Nous n’avons pas plongé depuis quatre ans, notre technique est un peu rouillée. Nous enfilons nos combinaisons épaisses (hé oui, l’eau est froide ici) et bouclons nos ceintures de plomb. Nous finissons de nous harnacher avec les bouteilles puis nous plongeons. J’oublie de gonfler mon gilet et ne fixe pas correctement mon masque. Je m’enfonce profondément dans l’eau et mon masque se remplit instantanément. Je bois la tasse par le nez et me mets en mode « panique ». Je mets plusieurs minutes à retrouver mon calme, bon, ça commence bien. Alors que je n’avais aucune appréhension à priori, je me demande maintenant si je n’ai pas été un peu présomptueuse de plonger directement…
Mais finalement ça va et je réussis à descendre, même si mes plombs trop lourds et mon masque mal réglé me gâchent une partie de la plongée et me font consommer mon air en un temps record.
Pour Seb ça roule, il reprend peu à peu ses marques et se bat simplement avec les problèmes de stabilité.
Les îles sont très découpées et entourées de rochers autour desquels les algues, les oursins, les mollusques et les poissons évoluent. Nous nageons au milieu des poissons multicolores, des Scorpion Fish, Demoiselles et Raies Manta dont une dépasse les deux mètres d’envergure ! C’est fabuleux et j’en profite pleinement lors de la deuxième plongée, l’après-midi, car j’ai retrouvé mes habitudes et ai résolu mes soucis matériels.
De retour sur la terre ferme nous sommes fatigués mais heureux de nous être remis à la plongée dans ce bel endroit.
Au camping, Seb extrait un petit bout d’oursin de mon genou. Pourtant la combinaison était renforcée à cet endroit. J’ai dû y aller gaiement sur l’oursin, oups, c’est pas très recommandé dans une réserve marine…
Après cette séance de chirurgie, nous passons une soirée très agréable dans un restaurant de fruits de mer en compagnie de nos copains de plongée Sandrine et Nicolas.
Vendredi 16/12/2005
Nous sommes sur le bord du lac Rotorua. La ville de Rotorua est surnommée « Soufre City » car elle possède la plus forte activité thermale du pays avec des bains de boue, des sources d’eau chaude, des geysers et une lourde odeur d’œuf pourri omniprésente.
Rotorua a également une large population Maori et c’est dans Whakarewarewa Thermal Village que nous entrons pour découvrir les geysers et la culture Maori locale. En effet, l’ancien village Maori, toujours détenu par la même tribu qui y habitait, renferme des geysers. Moyennant 25 $ par personne, les visiteurs y ont accès, ainsi qu’à un concert Maori et un tour guidé du centre de formation des sculpteurs Maoris.
La guide nous apprend que les Maoris sont venus de Tahiti en Canoë. Chaque tribu dans son propre Canoë. Elle nous explique qu’il ne reste que 600 000 Maoris aujourd’hui en Nouvelle Zélande, la plupart étant métissés avec des européens. En effet, il suffit d’avoir un ancêtre Maori pour être qualifié de Maori. Vous avez donc parfois la surprise de voir un homme au profil irlandais se prétendre Maori et chanter dans un groupe traditionnel alors que vous l’auriez plutôt imaginé buvant une Guinness dans un faubourg de Dublin !
Tout jeune homme Maori capable de donner le nom du canoë sur lequel un de ses ancêtres est venu sur les terres néo zélandaises peut prétendre entrer à l’école de sculpture sur bois traditionnelle Maori dont l’enseignement est dispensé dans le centre Whakarewarewa.
A la fin de la visite, après un tour près des geysers, nous nous rendons dans la maison des Kiwis où deux bestioles bizarres fouissent dans le sol avec leur long bec pointu. Elles ont la taille d’une grosse pintade, ont des plumes grises qui ressemblent à un pelage et n’ont pas d’ailes. Ces animaux nocturne étonnants, emblème de la Nouvelle Zélande, sont en danger d’extinction. Ils étaient 12 millions il y a 200 ans, ne sont plus que 70 000 aujourd’hui et leur population décroît encore !
Nous achevons notre découverte de Whakarewarewa par un concert et des danses Maori dans le Te Whare Runanga ou maison communale typique.
Samedi 17/12/2005
La Nouvelle Zélande est verte, très verte…forcément il pleut beaucoup ! Et ça modifie légèrement nos plans pour la journée. Nous devions faire le « Tongariro Crossing », une randonnée à travers la montagne qui a servi de décor au royaume du Mordor dans le film « Le Seigneur des Anneaux ». Mais il pleut des cordes et la nappe nuageuse est tellement basse que les volcans paraît-il magnifiques sont irrémédiablement cachés ! Que faire ? Reprendre la route vers le sud et laisser cette excursion derrière nous avec quelques regrets ? Ou patienter une journée en espérant un jour meilleur demain ? Nous optons pour la seconde solution.
Comme nous n’avons pas d’électricité nous ne pouvons pas nous occuper utilement en recopiant nos textes et en classant nos photos…
Une fois nos bouquins terminés et après avoir recompté pour la cinquième fois les impacts de moustiques éclatés au plafond, nous décidons de visionner un DVD car notre Spaceship est pourvu d’un lecteur ! Le luxe !
Dimanche 18/12/2005
Il ne pleut plus ! Nous nous rendons au point de départ de la randonnée. Nous marchons sur la Mangatepopo Valley Track, un chemin bien plat qui longe une petite rivière et traverse la lande. Quelques oiseaux volètent ça et là autour des fleurs que nous apercevons au bord de la route. Puis, après « Soda Springs », nous arrivons dans un paysage beaucoup plus désolé, le terrain est jonché de pierres volcaniques et le passage est à pic : nous grimpons à flanc de volcan. Nous entrons sur les terres du Mordor lorsque tout à coup nous entendons un cri strident. Nous nous retournons vivement vers la provenance du cri, craignant un accident, mais non, c’est un touriste un peu bête qui veut tester l’écho…
En attendant il a fait peur à tout le monde et nous en discutons avec deux néo zélandais qui grimpent derrière nous et qui lèvent les yeux au ciel en disant spontanément : quel idiot, il doit être français ! Là nous éclatons de rire et ils comprennent, très gênés, qu’ils en ont deux spécimens face à eux…oups, la bourde. En tout cas c’est franc et direct : nous avons une sale réputation en Nouvelle Zélande ! Nous avons évité d’embrancher la conversation sur les essais nucléaires et le Rainbow Warrior, le terrain était trop glissant ;-)
700 mètres plus haut, nous sommes sur un plateau de terre jaune, entouré de volcans noirs et rouges dont les fumerolles remontent les pentes. On dirait que la roche se consume lentement. Le plateau lui-même est envahi par une brume légère, probablement des résidus de nuages (nous sommes à 1800 mètres).
Il n’y a pas un bruit, pas une fleur, pas un oiseau sur ces terres qui semblent tout droit sorties de l’enfer. Ce n’est pas étonnant que Peter Jackson ait voulu utiliser l’atmosphère diabolique des lieux pour son film.
Nous grimpons encore sur les éboulis de roches grises, noires et rouges. Le « cratère rouge » se dresse devant nous alors que nous notons l’odeur de soufre qui s’en dégage. La couleur de la roche est tellement éclatante qu’on dirait qu’une tenture de velours pourpre et noir a été tendue sur les rebords du cratère tout autour d’une sorte de bouche proéminente gigantesque : la bouche des enfers ?
Nous n’allons pas vérifier et poussons un peu plus loin vers les lacs d’émeraude, trois lacs d’un bleu/vert magnifique perdus au milieu de ces terres désolées. Le contraste est saisissant. Et comme si le Mordor ne pouvait tolérer la présence de ces grains de beauté si près de son visage buriné, la pluie se met à tomber sur nous de toutes ses forces, suivie de la grêle et du tonnerre. Nous ne voyons plus rien ! D’accord, d’accord, il est temps de rebrousser chemin. Nous redescendons vers notre Spaceship que nous retrouvons au bout d’une belle randonnée de 8 heures.
Lundi 19/12/2005
Nous sommes sur la « Forgotten World Highway », la route 43 qui rallie le parc national du Tongariro (au centre), au parc national Egmont (à l’ouest). Nous traversons effectivement un endroit oublié et désert, par contre le terme « highway » serait à revoir…
Nous traversons de longues vallées bordées de collines vertes envahies par le bétail local c'est-à-dire : les moutons. Le panorama bucolique est magnifique et marquons plusieurs arrêts photo, vidéo, pique-nique…sans croiser grand monde.
Au bout de plusieurs heures de route nous approchons du but de notre voyage : le Mont Taranaki. Nous l’apercevons au loin, très beau avec son sommet enneigé. C’est d’ailleurs cette montagne qui a été utilisée pour figurer le Mont Fuji lors du tournage du Dernier Samouraï. Décidément, ce pays très photogénique a été grandement utilisé par le cinéma ces dernières années !
Une fois de plus la pluie nous accueille. Rideau, fin de chantier, nous ne reverrons plus la montagne, ou alors très partiellement.
Ici il pleut 7 mètres d’eau par an ! Autant dire qu’on a peu de chance d’arriver par beau temps. Et le proverbe local nous laisse peu d’espoir : « Si vous ne voyez pas la montagne c’est qu’il pleut. Si vous voyez la montagne, c’est qu’il va pleuvoir… »
Mardi 20/12/2005
Nous avons passé la nuit dans notre voiture aménagée comme d’habitude. Nous avons tenté de dormir au départ des chemins de randonnée bien haut dans la montagne, mais nous avons dû décamper dès le début de la nuit car c’était le déluge et le vent était tellement violent qu’une forte rafale risquait de nous retourner : le vrai sale temps !
Inutile de préciser que nous avons très peu vu les sommets. Nous prenons donc la route vers Wellington, trouvons de la place sur un Ferry et débarquons à Picton, sur l’île du Sud, vers 23 heures.
Mercredi 21/12/2005
Il fait beau ! C’était assez rare sur l’île du Nord pour le faire remarquer. On nous dit que c’est un été inhabituellement humide mais ça nous console moyennement. Nous profitons au maximum de la journée en conduisant le long de la côte découpée des Marlborough Sounds : imaginez des montagnes inondées dont seuls les sommets émergent.
Nous empruntons les routes côtières qui sillonnent autour de Queen Charlotte Sound, Mahau Sound, Kenepuru Sound et finissons à Guards Bay. Nous admirons les baies superbes remplies d’eau vert clair et entourées par les montagnes vert foncé. La côte est tellement morcelée qu’on ne sait pas si c’est un lac ou un bras de mer qui se trouve devant nous…
Nous descendons sur les plages, stoppons dès qu’un beau point de vue s’offre à nous, contemplons les bateaux dans les criques et Seb prend des centaines de photos.
Beaucoup de marches et de randonnées en kayak sont proposées dans la région, mais nous avons pris l’option « repos » pour quelques jours ;-)
Jeudi 22/12/2005
Nous quittons les Marlborough Sounds et nous nous dirigeons vers le Parc National Abel Tasman. Nous longeons la côte Nord, qui est ici beaucoup moins découpée que dans les Marlborough Sounds.
Nous testons l’eau de Ruby Bay puis foulons le sable de la longue plage de Kaiteriteri qui attire beaucoup de néo zélandais pour les fêtes de Noël.
En fin d’après midi, nous nous enfonçons dans le parc. Nous retrouvons les routes sinueuses qui montent et descendent à travers les montagnes.
Nous remarquons une fois de plus que la Nouvelle Zélande est verte, fleurie et vallonnée. Si nous devions choisir quatre qualificatifs pour Aotearoa (Nouvelle Zélande) ce seraient ceux-ci. (Euh…humide aussi, si nous pouvons nous permettre ;-)
Nous passons la journée ainsi, conduisant et nous arrêtant à tous les beaux points de vue que nous croisons, et il y en a !
Quand vient le soir, les aires de repos sur les zones dégagées en bordure de route commencent à se remplir de mini vans aménagés…c’est l’heure où le backpacker fauché se trouve un refuge pour la nuit. Il faut dire que la Nouvelle Zélande est un pays cher alors toutes les combines sont bonnes pour faire durer le contenu du porte monnaie.
Le camping sauvage peut être puni d’une amende de 100 à 500 $NZ, mais cela arrive apparemment très rarement. Il est vrai que la Nouvelle Zélande est tout sauf un état policier : nous avons dû croiser quatre voitures de police maximum depuis notre arrivée !
Vendredi 23/12/2005
Comme nous campons, nous nous levons avec le soleil : 6h30 et nous nous couchons également très tôt. Il n’est encore que 8 heures et nous visitons Pupu Springs, la source d’eau claire la plus grande d’Australasia. L’eau est limpide et par un système de miroirs, nous pouvons voir les fonds et les poissons depuis la terre ferme.
Il fait un temps magnifique et nous passons l’après-midi au bord de la piscine d’eau de mer de Motueka, le long de Tasman Bay.
Samedi 24/12/2005
Nous cherchons une petite crique isolée dans laquelle nous dégusterons le repas de Noël que nous venons d’acheter. Après plusieurs kilomètres de recherche, nous décidons que nous réveillonnerons tout au bout de Tauraga Bay près de Wesport, sur la côte Ouest de l’île du Sud.
Nous sommes au début d’un chemin de randonnée, nous avons la plage sur notre droite et le grand large sur notre gauche. Les vagues puissantes se brisent en écume blanche sur les énormes rochers qui bordent la côte. Nous regardons les petits bouts d’écume se laisser emporter par le vent et débouchons un Pinot Noir « One Tree » 2004 de la région de Martinborough. Je devrais plutôt dire que nous « dévissons » le bouchon…ici le bon vieux bouchon de liège n’est pas courant, même pour les bons vins, et celui-ci est réellement fameux avec sa belle couleur rouge, sa bonne odeur fruitée et son goût corsé, plein d’arômes.
Le climat maritime tempéré de la Nouvelle Zélande (qui fait mûrir les grappes lentement) lui permet de produire des vins de très bonne qualité.
Le vin le plus célèbre de Nouvelle Zélande est le Sauvignon Blanc de la région de Marlborough, au Nord de l’île du Sud. Mais le pays s’enorgueillit de produire également de très bons Chardonnay, Riesling, Gewürztraminer, Pinot Noir, des rouges corsés tels que le Cabernet Sauvignon, Merlot, Cabernet Franc et Syrah (Shiraz) …et récemment du Pinot Gris et du Viognier.
Dimanche 25/12/2005
Joyeux Noël ! Cette année le premier à nous le souhaiter est un lion de mer qui s’est frayé un chemin à travers les rochers, jusqu’à notre voiture.
Il s’installe tranquillement à 10 mètres de notre campement et sèche sa crinière au soleil. Notre tasse de café à la main, nous ouvrons de grands yeux incrédules, étonnés de cette visite inattendue. Nous savions que des lions de mer vivaient dans la région mais de là à en voir un ramper vers nous le matin de Noël ! C’est un beau cadeau !
Nous l’observons évoluer de rocher en rocher à la recherche d’un lit acceptable. Il en teste un, baille, se couche, se retourne puis part un peu plus loin. Là c’est bon, le rocher est confortable, la sieste peut débuter. Il se fiche royalement que nous restions plantés à quelques mètres de lui à l’affût de ses moindres mouvements : Môssieur dort !
Lundi 26/12/2005
Nous faisons face au glacier Franz Joseph, à l’Ouest de l’île du Sud. Nous contemplons cette cascade de glace qui descend de la vallée. Un siècle plus tôt, le glacier plongeait dans un lac mais il a bien reculé depuis et le lac a disparu. La vue d’un glacier est toujours quelque chose de magnifique mais nous ne pouvons nous empêcher de comparer Franz Joseph avec le grandiose Périto Moréno que nous avons découvert en Argentine il y a un mois…
Poids plume contre poids lourd, ils ne jouent pas dans la même catégorie, c’est évident.
Mardi 27/12/2005
Il fait grand beau ce matin. Nous en profitons pour marcher dans les sous bois moussus qui font le tour du lac Matheson.
L’eau du lac est d’un rouge très sombre qui reflète parfaitement la chaîne de montagnes et le Mont Cook qui le surplombent : splendide !
Les oiseaux piaillent et roucoulent tellement qu’on dirait qu’ils se sont lancés dans un radio crochet. Nous décernons la palme d’or au Thui, un oiseau noir à ailes bleues dont le gosier est orné de deux boules blanches, comme un nœud papillon. Il émet des sons tellement variés, c’est incroyable.
Après ce concert, nous mettons de nouveau le cap sur le Sud. Nous marquons une pause à Knights Point. Depuis la falaise nous contemplons les vagues qui se brisent violemment sur la longue côte battue par le vent et sur les immenses rochers échoués dans l’eau. A 1700 kilomètres à l’Ouest nous avons la Tasmanie. Au Sud Ouest, la première terre rencontrée serait l’Antartique.
L’endroit est beau mais la contrepartie ce sont les mouches noires, appelées Sand Flies ici. Ce sont de sales petites mouches qui volent sans faire de bruit et vous piquent en vous arrachant un bout de peau. Non contente de faire mal sur le coup, elle laisse des cloques qui démangent pendant plusieurs jours. Heureusement il est facile de les écraser ! Nous nous y attelons sauvagement mais l’endroit est vraiment infesté, nous fuyons !
Nous retrouvons la route qui mène à Queenstown. C’est une route magnifique d’où l’on peut voir de longues chaînes de montagne, de grands lacs et qui traverse de belles rivières à la couleur laiteuse. C’est une des plus belles routes que nous ayons empruntées en Nouvelle Zélande jusqu’à présent. Et nous avons déjà parcouru plus de 4 200 kilomètres ! Heureusement la beauté des paysages permet de laisser défiler les kilomètres sans ennui.
Nous traversons la ville de Wanaka et décidons d’y faire quelques courses. Au supermarché, perdus devant le choix trop vaste de bouteilles de vin nous rencontrons un français qui a émigré en Nouvelle Zélande il y a déjà 12 ans. Tombé amoureux des lieux, il y a monté une entreprise de nage en eau vive. Malheureusement il n’y a jamais trouvé d’ami proche et paraît très déçu du caractère des Kiwis pur souche du Sud qu’il trouve rustres au dernier degré, superficiels, intéressés par l’argent et toujours prêts à casser du sucre sur le dos des absents. Oups, quel tableau ! Nous prenons ce témoignage comme le point de vue personnel d’un habitant sur une région, à un moment donné (avait-il eu une sale journée ?). Nous ne voulons pas généraliser.
Mercredi 28/12/2005
La Nouvelle Zélande est LE pays des sports à sensations. Si vous voulez sauter en parachute ou en parapente, dévaler une montagne sur un tricycle, embarquer dans un Speed Boat, faire du parachute ascensionnel, faire du canyoning, nager en eau vive ou sauter d’un pont au bout d’un élastique c’est ici qu’il faut venir !
La région de Queenstown propose toutes ces activités et Seb a décidé de sauter dans le vide, les pieds accrochés à un élastique, frustré de n’avoir pu sauter en parachute à Rotorua à cause du mauvais temps ! Ils appellent ça du Bungy Jumping ici. Plusieurs sauts de 43 à 134 mètres sont proposés, c’est à croire que les ponts ne servent qu’à ça ici. Tant qu’à faire, Seb choisit le saut le plus haut ; le Nevis Highwire Bungy, une chute libre de 6 secondes dans une gorge au fond de laquelle coule une rivière. Le saut ne s’effectue pas d’un pont mais d’une plateforme suspendue entre deux montagnes à l’aide de filins. Décidément les kiwi ne reculent devant rien pour dans leur recherche de sensations fortes. Le Nevis Highwire Bungy est d’ailleurs le plus haut promontoire de saut à l’élastique de la Nouvelle Zélande.
OK, on y va. Nous montons dans le minibus de la compagnie AJ Hackett Bungy (www.ajhackett.com) avec 8 autres personnes, sauteurs fous encore confiants et accompagnateurs bardés de caméras et d’appareils photos.
Quarante minutes plus tard nous arrivons sur les lieux. Là une pancarte annonce « this is the end ». Euh…dans quel sens faut-il le prendre ? Bon, ça annonce la couleur.
Avant de monter dans le téléphérique qui nous transporte sur la plateforme de saut, les sauteurs enfilent un baudrier. Un membre de l’équipe m’en tend un également : « Hé ! Mais je ne saute pas moi ! » OK me répond-il, mais tout le monde en met un, question de sécurité. « D’accord, mais pas de blagues hein, va pas te mettre dans l’idée de m’accrocher au bout d’un élastique arrivés là-bas ! »
Le téléphérique traverse tranquillement la gorge et nous débarque sur la plateforme dans un ultime tressautement. Les sourires se figent, les rythmes cardiaques accélèrent : P… ! C’est haut !
Nous sommes accueillis par du Hard Rock à plein volume, Rage Against The Machine nous assène ses « Bullet in the Head », ses « F…you I won’t do what you tell me » et ses « You say jump I say how high ? »…
Ça en motive certains, ça achève définitivement d’en apeurer d’autres.
Mais l’ultime coup de massue est donné lorsque nous regardons à nos pieds. Le sol en plexiglas permet de prendre toute la mesure du gouffre qui s’étend sous la plateforme de saut. Gloups !!!!
Ça commence ! Du plus lourd au plus léger, les condamnés volontaires vont sauter. Le tour de Seb ne tarde pas à venir, un petit sourire à la caméra et le voila qui rejoint le plongeoir suspendu au dessus du vide, les pieds pris dans de grosses sangles bien solides attachées à l’élastique.
Une légère flexion des genoux et le voilà 20 mètres plus bas en seulement une fraction de seconde, effectuant un magnifique saut de l’ange. Six secondes plus tard l’élastique se tend au maximum et il m’apprendra après qu’elle est tellement longue, qu’on voit la rivière de si près, qu’on se demande un moment s’il n’y a pas eu des problèmes de calcul de longueur quelque part ! viiiite, un casque !!
Ouf tout va bien, il rebondit une fois, fait coucou au 7 paires d’yeux rivés sur le plexiglas, rebondit une seconde fois, décroche son attache verticale (être remonté la tête en bas c’est pas glorieux) et débute sa lente ascension vers la plateforme, tranquillement assis au dessus du vide.
Tout ébouriffé mais ravi, Seb pose le pied sur l’aire d’atterrissage sous les Houras, les « Good style mate » et les « Sweet Ass » (traduisible par « trop cool » ou un terme de ce genre, très prisé par les jeunes kiwis).
De retour au campement, nous fêtons ce baptême du saut à l’élastique avec un Sauvignon Blanc « Morton Estate » 2004 de la région de Marlborough : encore une excellente pioche.
Jeudi 29/12/2005
Nous quittons Queenstown et conduisons le long du lac Wakatipu en direction des chemins de randonnée environnants du Rees Dart Track. Le long de la route nous découvrons un des panoramas les plus beaux jamais vus : un lac gigantesque, des montagnes vertes devant des montagnes enneigées, le ciel bleu…c’est superbe.
Nous ne sommes pas préparés, n’avons ni vivres, ni tente, ni réchaud avec nous donc nous ferons une petite rando aller-retour. Mais il est possible de faire de magnifiques marches de plusieurs jours dans le coin d’après les voyageurs que nous croisons.
La Nouvelle Zélande est en effet aussi le pays de la rando. Vous pouvez passer 6 à 12 mois ici en sautant d’un chemin de randonnée à l’autres si ça vous chante. L’île du Sud grouille de Parcs Nationaux qui se succèdent. C’est à croire que l’île entière est un Parc National.
Par contre il faut prévoir le budget car pour marcher plusieurs jours sur les chemins de randonnée les plus prisés, les « Great Walks »(www.doc.govt.nz ), il faut avoir un « Great Walks Pass », payer la nuit dans un dortoir ( de 10 à 40 $NZ) ou au camping et verser de 20 à 40 $ pour le bus du retour…
Nous rencontrons deux couples de français qui terminent leur randonnée. Eux aussi font un tour du monde. Mais contrairement à nous ce sont des sportifs accomplis. Vincent et Magali ont déjà fait un bon bout de chemin à vélo (http://magetvincetdm05@free.fr) tandis que Claire et Dani font un tour du monde des montagnes !! (www.tdm-en-altitude.com).
Nous les quittons après une discussion sympathique autour d’un café et nous enfonçons à notre tour dans la forêt qui longe la rivière. Le soleil avive la couleur verte de la mousse accrochée aux parois rocheuses d’où des gouttelettes d’eau dégoulinent. Nous marchons sur le chemin bordé de grands arbres feuillus, restons cinq minutes plantés devant un joli petit oiseau au plumage duveteux et nous rendons compte que les randos nous ont manqué.
Samedi 31/12/2005
6 heures, nous sommes réveillés par une bande de Kéas qui danse sur le toit de notre voiture. Les Kéas sont de gros perroquets marron et vert dont le dessous des ailes est rouge. Légèrement pervertis par le tourisme, les volatiles voient les hommes comme des nourrisseurs potentiels…
Mais là s’ils croient qu’ils auront un petit dej à 6 heures ! Ils se mettent la plume dans l’œil !
Nous mettons le nez dehors, chouette il fait beau ! C’est un bon jour pour une randonnée. Nous sommes dans la région du Fiordland au Sud Ouest de l’île du Sud, plus précisément au début de la Routeburn Track, une des « Great Walks » de Nouvelle Zélande.
Nous empruntons le chemin qui monte à flanc de montagne au milieu des arbres. Ça grimpe sec, nous marchons le long de ruisseaux qui murmurent pendant que nous reprenons notre souffle. Une heure plus tard nous sommes au « Key Summit », appelé ainsi car il est à l’origine de trois rivières majeures : la Hollyford River descend vers la côte Ouest, la Eglinton-Waiau River rejoint la côte Sud et la rivière Greenstone-Clutha coule vers la côte Est.
L’endroit est superbe, entouré de montagnes au sommet enneigé et à trois quart recouvertes d’arbre.
Après cette petite balade nous rentrons célébrer la venue de la nouvelle année. A notre grand étonnement, les néo zélandais n’ont pas l’air d’avoir vraiment l’esprit « fêtes de fin d’année ». Il y a peu de décorations, pas de chants de Noël dans les magasins et très peu de produits de fête au rayon alimentation. Malgré cela nous avons déniché du saumon fumé, des langoustines et un délicieux Chardonnay 2003 « Montana Réserve » de la région de Marlborough.
Nous faisons le vœu que pour nous, notre famille et nos amis que 2006 soit un excellent cru !
Lundi 2/01/2006
Il est midi, il pleut et nous sommes coincés là où nous avons passé la nuit. La voiture n’a pas voulu démarrer ce matin et nous n’avons pas de téléphone pour appeler un dépanneur. Nous espérons que quelqu’un va s’arrêter bientôt à cet endroit perdu au milieu de pas grand-chose. Notre vœu est exaucé, Mike et Liz, deux anglais d’une cinquantaine d’années qui voyagent pour 6 mois en Nouvelle Zélande acceptent de nous prêter leur téléphone. Ils sont très sympathiques et ont beaucoup voyagé. Nous discutons avec eux pendant une bonne heure de leur voyage de deux ans en Amérique du Sud à bord d’un camping car, lorsque la dépanneuse arrive enfin.
Nous apprécions le concept du Spaceship : le nécessaire du voyageur dans un espace réduit, mais nous commençons à nous demander si nous n’avons pas tiré le mauvais numéro. C’est la deuxième fois que la batterie fait un caprice. La première fois la voiture s’est immobilisée au milieu d’un chemin de terre lors d’un demi tour. Nous bloquions alors entièrement le passage ! Et cette fois nous sommes en rase campagne, un jour férié…
Bon, ça aurait pu être pire. La région vient d’essuyer une de tempêtes les plus violentes depuis plusieurs années et des marcheurs du Milford Track (une des « Great Walks »…réservations complètes jusqu’à mars !!) ont dû être hélitreuillés hors des zones inondées !
Mardi 3/01/2006
Nous discernons à peine la montagne à cause de la pluie donc nous renonçons à notre marche le long de la Kepler Track. Seb aperçoit une pancarte annonçant la tenue d’un Rodéo dans la ville de Te Anau aujourd’hui. Si on y allait ?
L’île du Sud est essentiellement rurale et les fermiers y sont nombreux. Tous ceux du coin répondent présent. Ils ont chaussé leurs plus belles bottes et leurs larges chapeaux de cow-boys.
Nous prenons place dans les herbes hautes qui jouxtent l’enclos au milieu de cette sympathique assemblée familiale. Les glacières et les bières sont de sortie, d’autant plus que le ciel nous octroie une courte accalmie. Les enfants courent un peu partout et ça sent bon l’herbe fraîche et le crottin de cheval.
Les vachettes s’excitent dans leurs box étroits, elles meuglent, ruent dans les brancards, donnent des coups de croupe et de sabot. Ont-elles peur d’être menées à l’abattoir ? Qu’elles se rassurent, ce serait plutôt les cow-boys qui vont les chevaucher qui devraient s’inquiéter !
Une porte s’ouvre, une vache se rue à l’extérieur surmontée d’un homme qui gigote comme un pantin désarticulé. Le chapeau vole, le cow-boy tient, la bête enchaîne les ruades jusqu’à ce que le moustique qui la dérange finisse à terre…au bout de 20 secondes ! Good ride !
La vache énervée est guidée hors de l’enclos par les cavaliers et c’est reparti pour un tour : balles neuves, changement d’équipe, un nouveau tandem sort du box dans une embardée musclée.
Les danseurs se succèdent sur fond de musique country alors que la valse des chapeaux continue. Une vingtaine de compétiteurs plus tard, viennent les chevaux qui traversent l’arène dans des cavalcades sauvages. Sans selle, le dos le plus près possible de celui du cheval et les pieds en avant, les cow-boys tiennent peu de temps dans cette position acrobatique alors que leur monture enchaîne les ruades pour les déloger.
Arrive la course autour de trois barils, sur des chevaux dressés cette fois. Après cette épreuve où les femmes sont présentes, les micro cow-boys et cow-girls d’une dizaine d’années prennent le relais. Ils sont si mignons avec leurs chapeaux trop grands pour eux. L’épreuve s’achève avec des Tom Pouce de 4 ans sur des Poneys Shetland !
Puis les enfants sont invités à s’essayer au rodéo sur de petits veaux. Les gamins ne vont jamais plus loin que la première ruade et en ressortent couverts de boue, les larmes aux yeux pour la plupart, alors que le petit veau, pas plus fier et dont le lait n’a pas fini de sécher sur le museau appelle sa mère ;-) Non, les néo zélandais ne font pas dans la finesse…
Après cette incursion dans le jardin d’enfant, le rodéo des hommes forts reprend, sur des chevaux dotés de selles cette fois. Cela paraît facile dit comme cela mais les bourrins ne sont pas commodes. Un cavalier se fait même proprement éjecter hors de l’enclos par-dessus une palissade haute de deux mètres ! L’épreuve suivante consiste à galoper, attraper un veau au lasso puis lui attacher trois pattes. Exercice suivant : galopez près d’un taurillon, sautez-lui dessus à pleine vitesse, empoignez-le par les cornes et mettez lui les quatre fers en l’air !
A cette heure beaucoup de spectateurs ont déclaré forfait. A leur décharge il faut mentionner qu’il pleut des cordes depuis plus de deux heures…Mais, jamais à court de ressources, les nombreux propriétaires de 4X4 ont gravi la butte de terre qui surplombe le terrain de jeu et approuvent les chevauchées fantastiques à coup de klaxon ! Efficace…pas très subtil mais efficace ;-)
L’épreuve reine arrive enfin pour le plaisir de tous : le « Bull Ride » ou « Comment tenir sur un taureau furieux » en 10 leçons. Les bêtes sont énormes et pas du tout décidées à se laisser monter. Les cow-boys qui se risquent à les chevaucher sont des professionnels. Rester sur le dos de l’animal est une prouesse, sans compter qu’un coup de sabot mal placé et vous connaissez toutes les infirmières du coin par leur prénom. D’ailleurs, un des compétiteurs s’est fait broyer la main droite lors d’un précédent rodéo. Mais il ne laisse pas décourager et retente sa chance avec la main gauche, la droite étant toujours plâtrée. Il faut vraiment avoir du courage pour grimper sur ces taureaux enragés.
C’était une journée mémorable, une de celles qui nous feront nous rappeler de la Nouvelle Zélande avec un sourire sur les lèvres : un grand moment !
Mercredi 4/01/2006
Nous sommes à Invercargil, la plus grande ville de la côte Sud de l’île du Sud. Nous avons fait changer la batterie ce matin, enfin ! Nous espérons ainsi ne plus rester coincés en rase campagne avec notre voiture.
Nous sympathisons avec Ralph, le mécanicien, et lui remettons une de nos cartes avec l’adresse de notre site afin qu’il y trouve nos photos de Nouvelle Zélande et d’ailleurs.
Allez, il pleut encore et il fait froid. Et dire qu’on est en plein été ici ! Nous avons parfois l’impression de visiter l’Irlande. Mais ce n’est pas grave, nous avons fait le plein de DVD au relais de Spaceship à Invercargil. Nous n’avons jamais autant lu ni regardé de DVD qu’en Nouvelle Zélande…Heureusement que le Spaceship est confortable ! A chaque fois que nous croisons des touristes en tente nous les plaignons sincèrement. Il vaut mieux voyager dans du dur ici…
Jeudi 5/01/2006
Nous sommes sur la « Catlins Heritage Trail », une route qui longe la côte sud très découpée et peuplée de lions de mer, de pingouins, d’albatros…et de moutons bien sûr !
A Waipapa Point nous tombons d’ailleurs nez à nez avec un lion de mer qui s’abrite du vent dans les dunes. Note pour plus tard : regarder où on met les pieds !
Nous rappelons l’agence de location de notre Spaceship car avec tous nos soucis mécaniques nous n’avons pas abordé la question de la durée de location. Nous aimerions l’étendre jusqu’au 15 janvier, date de notre départ en Australie.
Malheureusement Seb a une mauvaise surprise lorsqu’il les joint au téléphone : aucune prolongation de location n’est envisageable car la voiture est louée et on lui demande de bien vouloir rendre la voiture demain à Christchurch avant 16 heures ! Gloups, heureusement que le pays n’est pas très grand car nous sommes vraiment à l’opposé de Christchurch. Nous prenons la route immédiatement et nous demandons comment nous allons occuper nos dix prochains jours.
Vendredi 6/01/2006
Nous arrivons juste à temps à l’agence de location après avoir fait une « course au trésor » dans Christchurch pour dénicher les couverts que nous avions perdus. Ils vous promettent de vous les facturer quasiment au prix de couverts en argent si vous ne les rendez pas. Or ils ne vérifient même pas le compte finalement ! Nous sommes vraiment trop consciencieux parfois…
Après avoir rendu les clés de notre Spaceship (snif) nous descendons au Coachman Backpacker à deux pas de la cathédrale, au cœur de la ville. C’est un ancien Pub converti en backpacker : très classe avec son parquet et ses grands escaliers en bois.
Samedi/Dimanche/Lundi et Mardi
Seb travaille sur ses photos tandis que je passe au peigne fin tous les magazines qui me tombent sous la main dans le backpacker. Je suis donc au courant des nouveaux potins mondins et des dernières « tendances beauté ». Et je me demande comment je peux m’intéresser à cela alors que je porte les mêmes vêtements quasiment tous les jours et que mon seul produit de beauté est un stick pour les lèvres « Dermophil Indien » ! Bof, ça détend ;-)
Nous flânons également un peu dans Christchurch qui est une belle ville traversée par une charmante petite rivière, dotée de jolies maisons de brique dans le centre.
Mercredi 11/01/2006
Nous louons une voiture jusqu’à dimanche, histoire de ne pas rester paresser au backpacker toute la semaine. Et puis nous avons encore de beaux endroits à voir en Nouvelle Zélande !
Nous partons pour « Akaroa » à 82 kilomètres au Sud-Est de Christchurch. Akaroa fut la première implantation française dans le pays et garde des noms de rue et de restaurants français plus ou moins bien traduits : « Chez la mer » etc ;-)
Le village est agréable et situé dans une belle baie devant laquelle nous pique niquons. Puis nous remontons en voiture en direction de Kaikoura au Nord de Christchurch. Kaikoura est également établi dans un endroit magnifique face à une baie entourée de montagnes.
Dans la légende Maori, c’est depuis la péninsule de Kaikoura que le demi dieu « Maui » a repêché l’île du Nord depuis les profondeurs de la mer.
Vendredi 12/01/2006
Nous rendons visite à la colonie de lions de mer de Kaikoura. Des rochers plats s’enfoncent dans la mer au bout de la péninsule et sont très prisés par les animaux pour prendre leur bain de soleil. Nous arrivons juste au moment où quelques uns décident de faire un peu d’exercice. L’un rampe vers la mer tandis que l’autre trouve un bassin creusé dans la roche pour y faire des ronds dans l’eau. Nous marchons sur les rochers autour desquels de grosses algues marron valsent au gré du courant et engageons la conversation avec un homme qui revient de la pêche aux ormeaux. La pêche a été bonne apparemment et nous n’avons jamais vu d’ormeaux aussi gros ! 20 centimètres de long et près de 10 d’épaisseur : ce sont des monstres ! Le pêcheur en a remonté 10, un vrai festin, et nous explique que ces ormeaux ont de 40 à 50 ans. Ils ne sont pas exactement pareils que les ormeaux bretons cependant. Ceux-ci ont une chair noire à l’extérieur alors que les ormeaux que nous connaissons sont gris. Mais ils ont l’air tout aussi bons ;-)
Nous continuons notre ballade sur les rochers, la mer bleue scintille, il fait beau, c’est génial. Nous traversons des « champs de mouettes » qui piaillent à nous en percer les tympans puis nous débouchons sur une autre colonie de lions de mer disséminés un peu partout sur les rochers. Nous nous asseyons à une distance raisonnable et les regardons paresser, se gratter, se contorsionner, faire des ronds dans l’eau … Nous fixons également l’horizon de temps à autre à la recherche des baleines qui fréquentent la baie mais nous n’en voyons pas, elles doivent être au large.
En fin d’après-midi nous décidons d’aller voir si la montagne autour d’Arthur’s Pass est aussi belle qu’on le dit. La route jusque là-bas est magnifique et la région est effectivement splendide. Nous arrivons dans le village à la nuit tombée. Il est 22 heures et tous les hôtels sont complets ! Nous n’avons plus notre Spaceship très pratique pour dormir n’importe où. Mais qu’à cela ne tienne, les sièges de la voiture s’inclinent très bien et nous y dormons comme des loirs.
Samedi 14/01/2006
Après avoir apprécié le panorama d’Arthur’s Pass, nous nous restaurons près d’un petit lac puis repartons pour Christchurch. Sur la route nous croisons une bonne vingtaine de voitures de collection briquées avec amour et magnifiquement restaurées. Les conducteurs passionnés de vieilles carrosseries se sont arrêtés dans un village et nous en profitons pour prendre quelques photos et bavarder un peu. Nous discutons notamment avec les heureux propriétaires d’une Cadillac rouge de 1930 et d’une Buick noire de 1931. Avec leurs chromes étincelants, leurs belles formes rondes et leur couleur éclatante, ces voitures sont de véritables bijoux !
De retour à Christchurch nous passons notre dernière nuit au Foley Towers Backpacker, un endroit très agréable ouvert sur un petit jardin. Et nous finissons notre séjour en beauté car nous avons un véritable appartement pour nous seuls ! C’était la seule chambre qui leur restait ;-) Coup de chance, nous avons même une baignoire ! C’est la première que je vois depuis le début du voyage. J’en profite pour prendre un bon bain chaud dont je ressors fripée comme un pruneau ;-)
Et pour conclure notre escapade néo zélandaise nous ouvrons une bonne bouteille de Merlot « Montana Reserve » 2003 de la région de Marlborough : décidément aucun vin néo-zélandais ne nous aura déçus. Nous quittons donc le pays des kiwis sur une note très positive :-)